L’ANC montré du doigt

Afrique du Sud: Desmond Tutu critique l’éviction de Thabo Mbeki

Le Cap, 23 septembre 2008 (Apic) L’archevêque Desmond Tutu, lauréat du prix Nobel de la paix, s’est dit «profondément troublé» par la façon dont Thabo Mbeki a été évincé de la présidence sud-africaine. Selon lui, Thabo Mbeki a accompli d’importantes réalisations dans les domaines de l’économie et de la paix en Afrique. Il s’est néanmoins «fait des ennemis même au sein de son propre parti, en raison de «son intolérance vis-à-vis de la défiance et de la dissidence».

L’archevêque Tutu, qui a été l’un des fers de lance de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, a mis en garde le 22 septembre contre ce qu’il a qualifié de «vengeance».

L’ancien archevêque anglican du Cap s’est par ailleurs montré critique vis-à-vis de la réaction politique de Thabo Mbeki face au problème de VIH/SIDA dans son pays, ainsi que de son apparente inactivité concernant le Zimbabwe pendant de nombreuses années.

Thabo Mbeki a annoncé sa démission le 21 septembre. Le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir, lui avait demandé de céder sa place, au terme de neuf années passées en tant que président de l’Afrique du Sud, en raison de luttes intestines entre sa faction et les partisans du nouveau leader du parti, Jacob Zuma.

«C’est la loi du Talion. Notre pays mérite mieux. Ce genre de vengeance mène à une république bananière», a déploré l’archevêque Tutu dans sa déclaration.

Faisant allusion à la façon dont Thabo Mbeki a été lâché par son parti, l’archevêque Tutu a déclaré : «C’est une action complètement dénuée de principes. C’est la loi du Talion, à l’ancienne. C’est de l’opportunisme arrogant et cynique, tantôt considérant que les juges participent à ’une contre-révolution’ lorsqu’ils tranchent en leur défaveur, tantôt glorifiant le ’triomphe judiciairé lorsque les juges tranchent en leur faveur.»

L’archevêque Tutu se dit «profondément troublé par le fait que ce pays, l’Afrique du Sud, soit subordonné à un parti politique». Puis, citant la Charte de la liberté, une des inspirations de l’ANC, il a déclaré : «’L’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent’, pas à une quelconque formation politique, aussi puissante soit-elle». (apic/eni/pr)

23 septembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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