Afrique du Sud : Desmond Tutu lance un dernier appel à ses compatriotes :

«Saisissez l’occasion de mettre le passé derrière vous»

East London, Afrique du Sud, 8 mai 1997 (APIC) L’ancien archevêque anglican du Cap Desmond Tutu, président de la Commission Vérité et réconciliation en Afrique du Sud a lancé un dernier appel à ses compatriotes à faire valoir leur droit à l’amnistie avant la date butoir du 10 mai.

La Commission Vérité et réconciliation qui, depuis mai de l’an passé, cherche à faire la lumière sur les violations flagrantes des droits de la personne perpétrées durant le régime de l’apartheid comprend un comité qui, dans certaines conditions, peut accorder l’amnistie, à des personnes mêlées à des actions criminelles, commises durant l’apartheid. La date limite pour ces demandes d’amnistie a été fixée au 10 mai. Après cette date, ceux qui ont commis des actes, des fautes d’omission ou des délits à des fins politiques et qui n’ont pas demandé l’amnistie pourront être poursuivis et traduits en justice.

«Je m’adresse à vous tous, de toutes tendances politiques, et vous appelle à saisir cette occasion unique et demander l’amnistie aux conditions les plus généreuses qui soient.» «C’est une occasion de mettre le passé derrière vous ; de participer au processus de votre propre guérison et de celle de cette terre merveilleuse. Faites-le, je vous en prie.», a déclaré l’archevêque Tutu. Le prélat s’est adressé à certaines catégories de personnes en particulier – aux membres des forces de sécurité, surtout ceux qui ont été impliqués dans des opérations perpétrées au-delà des frontières dans les Etats voisins, aux militants des localités noires qui ont recouru à la violence pour lutter contre l’apartheid et aux leaders de partis politiques.

Avant la mise en place de cette Commission, divers milieux craignaient qu’elle ne dégénère et ne prenne la forme d’un procès comme à Nuremberg ou d’une chasse aux sorcières contre les laquais de l’ancien régime de l’apartheid.

Dans la préface d’un livre qui vient de sortir, contenant des réflexions théologiques et psychologiques sur la vérité et la réconciliation, l’archevêque souligne que la religion est au centre du processus de guérison nécessaire aux victimes et aux survivants du régime de l’apartheid. Pour ceux qui croient, l’honnêteté et la miséricorde, la confession et le pardon, la justice et la paix ouvrent la voie à la vérité et à la réconciliation.

«Ceux d’entre nous qui suivent la tradition chrétienne ont, peut-être, une responsabilité particulière à cet égard parce que cette nation, durant des années, a utilisé des ressources théologiques chrétiennes pour promouvoir l’apartheid», a reconnu l’archevêque Desmond Tutu. (apic/eni/mp)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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