Héritage de l’apartheid ou motivation des enseignants?
Afrique du Sud: Différence de réussite aux examens entre écoles publiques et catholiques
East London, 5 février 1998 (APIC) En Afrique du Sud, un élève sur deux ne passe pas les examens de fin de scolarité, et le taux de réussite est seulement de 47,1%. C’est ce que montrent les résultats de 1997. Par ailleurs, les écoles catholiques affichent un taux de réussite de 96%. Les commentateurs ont été prompts à affirmer que ces différences démontraient la différence de motivation des enseignants des écoles gérées par l’Eglise qui acceptent aussi des enfants protestants, juifs, musulmans et hindous.
Tous les élèves – qu’ils étudient dans des institutions catholiques ou des écoles d’Etat – reçoivent les mêmes épreuves lorsqu’ils se présentent aux examens de fin d’études secondaires, et celles-ci sont préparées, surveillées et corrigées par des fonctionnaires d’Etat.
Selon la directrice de l’Institut catholique d’éducation, soeur Brigid Rose Tiernan, les résultats officiels obtenus par les 2’275 candidats de 54 écoles catholiques représentent un taux de réussite de 96%. L’Institut catholique apprécie et reconnaît «les méthodes d’enseignement et de formation qui caractérisent nos écoles», a fait observer soeur Rose au
correspondant d’ENI.
Les responsables de l’éducation et les politiciens sud-africains, préoccupés par ces résultats, essaient d’en expliquer les raisons. Pour certains, l’une d’elles serait «l’héritage de l’apartheid» qui défavoriserait les enfants noirs dans les écoles publiques.
Ceci ne semble pourtant pas être l’avis de l’Institut catholique ni de sœur Brigid Rose: «Même si nous reconnaissons la disparité engendrée par l’apartheid dans les écoles noires sud-africaines, il existe des écoles qui essaient de surmonter l’adversité. La majorité de nos écoles se trouvent dans des localités noires et des zones rurales généralement touchées par la pauvreté et le chômage.»
«Les deux ressources les plus importantes pour ces écoles sont les professeurs et les élèves. Ils réussissent parce qu’ils ont pris la décision de travailler. Les professeurs enseignent de façon désintéressée et les élèves apprennent avec sérieux.»
La comparaison avec de nombreuses écoles d’Etat montre l’énorme différence d’attitude et de comportement. Selon le ministre de l’Education de la province du Cap-Oriental, dont les propos sont rapportés par le journal «Sunday Times», «même si nous reconnaissons les difficultés de certaines écoles publiques, l’on ne trouve pas suffisamment ni chez les professeurs ni chez les élèves la vocation d’enseigner ou d’apprendre». Dans de nombreux écoles, a-t-il déploré, il arrive que des professeurs ne préparent pas les cours, arrivent en retard ou partent en avance. (apic/eni/ba)



