Afrique du Sud: L’archevêque condamne les attaques contre les Zimbabwéens

Un nouvel «apartheid» qui fait perdre au pays sa «dignité»

Johannesburg, 19 mai 2008 (Apic) Mgr Buti Tlhagale Omi, archevêque catholique de Johannesburg et président de la Conférence des évêques d’Afrique du Sud, a élevé la voix pour condamner les violences xénophobes dans le pays depuis trois semaines. Ces attaques anti-étrangères qui visent principalement les ressortissants du Zimbabwe en Afrique du Sud, se sont multipliées depuis une semaine, faisant au moins 13 morts. Les sud-africains accusent les Zimbabwéens de banditisme et de leur enlever leurs emplois.

Dans une déclaration rapportée par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), une agence de presse basée à Nairobi, au Kenya, Mgr Tlhagale Omi a indiqué que ces actes de xénophobie sont une «honte et une préoccupation» pour le pays. «C’est une nouvelle mentalité de l’apartheid qui tue le pays» et fait perdre au peuple sa dignité, a-t-il ajouté.

Selon lui, «les droits élémentaires de l’homme font partie de notre dignité humaine, donnée par Dieu, et lui, Dieu a crée tous égaux, il n’a pas de frontières». Personne n’a le droit de supprimer ce que Dieu a donné comme dignité, ainsi que les droits de l’homme, comme nous l’avons montré dans la lutte contre l’apartheid, a-t-il poursuivi.

Appel à venir en aide aux victimes des attaques

Il a appelé les sud-africains à se souvenir de quelques points fondamentaux: tels que les Dix Commandements, et de les appliquer aux étrangers. Parmi ces commandements, il y a cette phrase : «tu ne tueras point», a-t-il rappelé. Il a également condamné à les auteurs de ces actes de violences qu’il a qualifiés de «voyous, attaquant à l’envie des étrangers qui ont les compétences pour travailler dans l’industrie».

L’archevêque de Johannesburg a interdit aux catholiques de la métropole, d’aider «les assaillants ou d’approuver leur comportement». «J’appelle les catholiques et les personnes de bonne volonté à Alexandra (épicentre des attaques) pour être les premiers à venir en aide à leurs voisins mal traités».

Il a appelé la police à faire faire respecter les droits de l’homme pour tous, garantis par la constitution. Aux victimes, il a demandé de pardonner.

De son côté, le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir, a condamné les attaques contre les étrangers. Il a lancé un appel à tous les sud-africains, à prendre une position «ferme contre de tels actes de violence» et de les traiter comme des crimes motivés par la haine. De tels actes ne peuvent, selon l’ANC, que ramener la société (sud-africaine) en arrière, alors que «les plaies ouvertes du racisme et de l’intolérance que notre peuple a combattues» ne sont pas cicatrisées. (apic/ibc/js)

19 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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