Délégation sud-africaine reçue par la FEPS à Berne
Afrique du Sud: L’Eglise a un rôle fondamental à jouer dans le développement de la société
Berne, 17 mai 2006 (apic) L’Eglise a un rôle fondamental à jouer dans le développement de la société sud-africaine, estime l’ambassadrice de l’Afrique du Sud en Suisse, Konji Sebati. Recevant mardi à Berne une délégation de la Uniting Reformed Church in Southern Africa (URCSA), la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) partage cette opinion: l’Eglise ne peut se retirer complètement de la scène politique. Les représentants de l’URCSA ont pour leur part réaffirmé la nécessité de réunir les Eglises réformées séparées par l’apartheid.
L’ambassadrice sud-africaine a souligné le rôle des Eglises lors d’une rencontre avec une délégation de l’URCSA et de la FEPS. L’URCSA réunit deux des trois Eglises fondées à l’époque par l’Eglise protestante hollandaise d’Afrique du Sud pour les populations noires et métisses. Pour la FEPS, ces contacts avec l’URCSA sont une conséquence de son travail de mémoire sur les relations entre les Eglises suisses et l’Afrique du Sud pendant l’apartheid.
Le pasteur Allan Boesak au sein de la délégation de l’URCSA
La direction nouvellement élue de l’URCSA séjourne actuellement en Suisse à l’invitation du Conseil de la FEPS. Sa délégation, emmenée par le président de l’URCSA, le professeur Thias Kgatla, comprend également Allan Boesak. Ancien président de l’Alliance réformée mondiale (ARM), le pasteur Boesak a été une figure de proue de la lutte antiapartheid en Afrique et dans le mouvement oecuménique au cours des années 80.
Militant du combat contre la politique raciste de l’apartheid en Afrique du Sud, il avait perdu son statut ecclésiastique après avoir été reconnu coupable d’escroquerie et du vol d’une somme de 50,000 euros, donnée par des Eglises danoises et par le chanteur américain Paul Simon à la Fondation pour la justice et la paix, dont il était l’un des administrateurs.
Allan Boesak a été l’un des dirigeants qui avaient persuadé l’ARM de considérer la politique sud-africaine d’apartheid comme une hérésie. Il fut l’un des fondateurs de l’UDF (Front démocratique uni) qui avait mobilisé l’action populaire contre l’apartheid au cours des années 1980. Il avait été ministre ANC (Congrès national africain) dans le gouvernement provincial du Cap occidental après la première élection démocratique en Afrique du Sud, en 1994. Il a été admis, à la fin janvier 2005, à exercer à nouveau le ministère pastoral dans l’Eglise réformée unifiante en Afrique australe.
L’ombre de l’apartheid reste présente
Douze ans après la fin officielle de l’apartheid et une première réunification des Eglises, la vie de l’URCSA est encore très marquée par les troubles de cette période et les conflits avec l’ancienne Eglise réformée «blanche». Pour le professeur Kgatla, l’URCSA n’a toutefois pas d’autre alternative que l’unité entre les Eglises divisées par l’apartheid: «C’est la tâche que Dieu nous a donnée.» (apic/feps/com/be)



