Afrique du Sud: L’offensive contre la dette extérieure se poursuit
«La richesse s’écoule du Sud vers le Nord»
East London, 21 août (APIC) Après la récente Conférence de Lambeth, tenue par les anglicans à Cantorbéry, en Angleterre, dans la foulée aussi de la déclaration commune de la hiérarchie des Eglises protestantes et catholique de Zambie, l’évêque anglican du Cap, en Afrique du Sud, Njongonkulu Ndungane, fait à son tour de la dette son cheval de bataille. «L’endettement international des pays en développement est devenu une crise de première importance», estime-t-il.
Dans une allocution prononcée à Durban lors de l’ouverture de la Conférence internationale des organisations non gouvernementales (19-21 août) qui se tient traditionnellement avant le Sommet du Mouvement des non-alignés (28 août au 3 septembre), l’archevêque Ndungane a expliqué que les pays pauvres et endettées sont aujourd’hui contraintes de céder leurs maigres ressources aux pays riches.
Les Etats pauvres, qui se trouvent déjà confrontés à des situations difficiles, a ajouté l’archevêque Ndungane, en sont réduits à donner l’argent qu’ils reçoivent au titre de l’aide au développement pour rembourser la dette extérieure.
Ainsi, «chaque fois que les pays riches donnent un dollar aux pays en développement, 11 dollars repartent directement pour le remboursement de la dette. Et la richesse s’écoule, mais du Sud vers le Nord». Les pays les plus pauvres perdent leur indépendance économique et sont «contraintes de se plier aux volontés et aux demandes des créditeurs occidentaux».
Le privilège des pays riches
Selon l’archevêque anglican, certains pays industrialisés jouissent d’un statut commercial privilégié, mais malheureusement les pays en développement n’ont pas les mêmes avantages. «Ainsi, les industries textiles européennes sont protégées, alors que les industries textiles africaines et indiennes se trouvent en concurrence avec les Etats les plus riches, sans pouvoir bénéficier de la même protection».
«Les enfants des pays en développement sont condamnés dès leur naissance à porter le carcan de la dette. Aucune loi, interne ou internationale, ne va les sauver de l’asservissement de cet héritage terrifiant. Et Ils n’auront pas à leur disposition un tribunal des faillites, auquel peuvent recourir les multinationales en difficulté».
Pour lui la remise de la dette des pays en développement est un impératif moral pour la communauté internationale. «De cette façon, nous rallumerons la flamme d’un nouvel espoir économique, non seulement pour les pays en développement, mais pour l’économie en général».
La Conférence de Lambeth avait placé la dette extérieure des pays pauvres au centre de ses débats. De leur côté, trois grands organisations d’Eglises de Zambie – la Conférence des évêques, le Conseil chrétien de et la Communauté évangélique – viennent de lancer une campagne pour obtenir l’annulation de la dette extérieure du pays qui s’élève à 7,1 milliards de dollars. L’an dernier, la Zambie a versé quelque 300 millions de dollars d’intérêts. Mais on estime que ce pays débourse une moyenne annuelle de 160 millions de dollars. (apic/eni/pr)



