Afrique du Sud: La justice décide d’arrêter les poursuites contre Jacob Zuma

L’Eglise catholique critique cette décision «regrettable»

Johannesburg, 8 avril 2009 (Apic) L’Eglise catholique d’Afrique du Sud a critiqué l’abandon des poursuites judiciaires pour corruption contre Jacob Zuma, président du Congrès national Africain (ANC, au pouvoir) et candidat favori à l’élection présidentielle du 22 avril prochain. L’Eglise catholique critique cette décision, qu’elle juge «regrettable».

En début de semaine, lundi 6 avril 2009, le procureur en chef d’Afrique du Sud, Mokotedi Mpshe, a annoncé que les accusations contre Zuma ont été arrêtées, car il y avait eu ingérence politique dans l’enquête, et de ce fait, il n’était «ni possible ni souhaitable» de poursuivre Zuma.

Dans une déclaration citée par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), le cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban et porte-parole de la Conférence des évêques catholique d’Afrique australe (SACBC), a qualifié de «regrettable» la décision de laisser tomber les poursuites contre Jacob Zuma. Il a estimé que Zuma et le pays avaient la possibilité d’établir «son innocence ou sa culpabilité, une fois pour toute, par le biais du processus normal d’une cour de justice».

«Dans l’intérêt de la paix et de la réconciliation», le cardinal Napier a lancé un appel à toutes les parties sud-africaines afin qu’elles utilisent cette regrettable situation «comme une occasion de s’engager sur la voie de la bonne gouvernance, avec la responsabilité et la transparence attendues». Selon lui, il est nécessaire pour les SudAfricains de tirer les conséquences de cette décision de justice, et d’éviter la corruption «sous toutes ses formes».

Pour sa part, l’Agence de presse oecuménique internationale ENI, a rapporté que des chefs de partis chrétiens d’opposition se sont joints aussi aux critiques de l’Eglise catholique.

Le révérend Kenneth Meshoe, du Parti démocrate chrétien d’Afrique du Sud ACDP, a déclaré à l’agence que la décision de la justice est «extrêmement décevante». Cela montre que «nous ne sommes pas égaux en droit», a-t-il ajouté. Le pasteur Mvume Dandala, ancien chef de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) et candidat du Congrès du peuple (opposition) à la présidentielle du 22 avril, a déclaré que la confiance des Sud-Africains en la justice de leur pays a été «ébranlée». (apic/ibc/be)

8 avril 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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