Le pays victime du système mondial du prix du médicament
Afrique du Sud: Le coût élevé des médicaments pour les séropositifs inquiète les évêques
East London/ Afrique du Sud, 8 octobre 1999 (APIC) Le coût élevé des médicaments et du traitement dont ont besoin les séropositifs et sidéens inquiète la Conférence des évêques catholiques d’Afrique du sud (SACBC). La protestation des évêques s’élève en outre contre l’apartheid social. Les noirs sont plus atteints que les blancs. Et le prix des médicaments à payer est bien plus accessible pour les blancs.
Selon Robert Shell, chef de l’unité de recherches démographiques à l’East London Campus de l’Université Rhodes, 10% environ des 43 millions de Sud-Africains sont atteints par le VIH/sida. D’après le ministère de la Santé d’Afrique du Sud, 65% environ de toutes les nouvelles infections sont contractées par les jeunes de 15 à 25 ans.
L’antiviral AZT revient à 400 rands (80 dollars) par mois, tandis que la trithérapie, plus efficace, de trois inhibiteurs de protéases qui bloquent la propagation du virus VIH dans le corps, coûte 2000 rands (400 dollars) par mois, bien au-delà des moyens de la majorité des Sud-Africains, compte tenu que le 60% de la population d’Afrique du Sud a un revenu de 460 à 2680 rands par mois.
La protestation des évêques s’inscrit dans le contexte d’un bras-de-fer juridique entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis à propos du système mondial d’établissement du prix des médicaments employés contre le sida. En vertu de ce système, les firmes pharmaceutiques ont divisé le monde en différentes zones de prix, basées sur ce que peut payer un malade type des classes moyennes. On estime que 5% seulement des blancs d’Afrique du Sud sont infectés par le VIH/sida, mais leur revenu moyen élevé fait que le prix pratiqué en Afrique du Sud se place dans la catégorie des prix imposés aux pays riches, où les médicaments se vendent plus cher.
Offrir une assistance
Le ministère sud-africain de la Santé a tenté de s’extraire de ce système en important le médicament de pays plus pauvres, où le prix pratiqué est moins élevé. L’Afrique du Sud pourrait aussi fabriquer elle-même le médicament, mais les protocoles de licence de brevet l’obligeraient à fixer les prix proches de ceux qui sont en vigueur dans le monde «développé».
Les évêques ont en outre exhorté les firmes pharmaceutiques et les pouvoirs publics en cause à offrir une assistance pratique à tous ceux qui ont besoin de soins de santé, et plus particulièrement aux plus pauvres. (apic/eni/pr)



