Afrique du Sud: Les Eglises luttent contre la pratique des meurtres rituels

Johannesbourg, 7 août (APIC) A la veille du XXIe siècle, les meurtres rituels ayant pour cause la sorcellerie demeurent une pratique courante dans la partie septentrionale de l’Afrique du Sud. Pour combattre ce fléau, les Eglises sud-africaines se sont lancées dans un travail de longue haleine dans le but de faire évoluer les mentalités. Cette action de sensibilisation et de prévention a été décidée suite à la recrudescence de ces actes meurtriers d’un autre âge.

La sorcellerie est une tradition vivace au Nord de l’Afrique du Sud, en pays wanda et zoulou notamment. Depuis plusieurs siècles, des membres de ces ethnies tuent des gens pour leur prélever certaines parties du cadavre. Ainsi, dans le passé, les familles royales des Wandas utilisaient des parties humaines pour faire tomber de la pluie en période de sécheresse. Aujourd’hui encore, de telles pratiques existent.

Certains sorciers réclament en effet toujours à leurs clients des parties de corps humains pour que leurs vœux soient exaucés. Du coup, ces derniers commettent ou commanditent des meurtres, en général d’enfants.

Victimes de choix: les enfants

Le bilan de ces meurtres rituels est difficile à évaluer. Un spécialiste cité par le correspondant en Afrique du Sud de Radio France International (RFI) qui a mené l’enquête, parle d’un à deux cas par trimestre. Ce chiffre, déjà énorme pour l’Eglise et les défenseur des droits de l’homme, ne reflète pourtant pas la réalité, car les corps de nombreux enfants disparus ne sont jamais retrouvés.

Depuis février, 5 personnes, accusées de meurtres rituels, ont été arrêtées et reconnues coupables. La police essaie bien de lutter contre le phénomène, mais elle est souvent confrontée au manque de preuves: les corps des victimes ne sont pas toujours retrouvés. Difficile aussi dans ce milieu de recueillir des témoignages. Dans les zones reculées du pays, les populations ont peur de témoigner, arguant du fait que le sorcier peut jeter le mauvais sort contre ceux qui oseraient parler. Sans compter que la police elle-même a dans ses rangs des officiers croyant à la sorcellerie et la pratiquant. La haute hiérarchie policière envisage malgré tout de créer un service de formation pour rendre les enquêteurs plus efficaces dans ce type de dossiers.

Dans leur travail de prévention, les Eglises sont soutenues par des organisations de défense des droits de l’homme. Elles sillonnent les écoles et les familles pour prêcher et convaincre les populations que les meurtres à des fins de sorcellerie ne servent à rien. Ce travail d’éducation pour vaincre des habitudes pluriséculaires prendra encore beaucoup de temps, notent les connaisseurs de la culture locale. (apic/ibc/be)

7 août 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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