Afrique du Sud: Les Eglises pleurent la chanteuse phare de la cause anti-apartheid
Deuil national pour «Mama Africa»
Le Cap, 17 novembre 2008 (Apic) La voix de Miriam Makeba s’est éteinte, mais la musique et l’esprit de la légendaire chanteuse sud-africaine forcée à l’exil sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud restent dans la mémoire de la communauté religieuse de son pays natal.
«Ce sont la dignité et la force de Miriam Makeba, sa générosité d’esprit et son inlassable dévouement envers la justice et l’égalité qui ont fait d’elle un exemple pour tout le monde», a annoncé le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud suite au décès de la chanteuse, le 10 novembre, à l’age de 76 ans.
«Son don unique était sa capacité à utiliser ses talents musicaux pour enrichir et inspirer les autres, pour ouvrir nos yeux et pour transmettre la vision d’un monde plus humain et compatissant», a indiqué le conseil d’Eglises, également connu pour son opposition à l’apartheid.
Le 13 novembre, l’Afrique du Sud a entamé une période de deuil national pour la chanteuse, qui est morte après s’être effondrée sur scène à l’issue d’un concert donné près de la ville de Caserte, en Italie. Militante jusqu’au bout, elle se produisait lors d’un rassemblement anti-mafia.
Une commémoration publique a eu lieu le 15 novembre à Johannesburg
Surnommée «Mama Africa», Miriam Makeba avait été bannie d’Afrique du Sud après avoir figuré dans un documentaire anti-apartheid intitulé «Come Back, Africa». Le film avait été tourné principalement à Sophiatown, qui était alors un quartier cosmopolite de Johannesburg ou` Miriam Makeba avait débuté sa carrière.
Elle assista à la première du film au festival du film de Venise en 1959, mais lorsqu’elle voulut retourner en Afrique du Sud l’année suivante, elle découvrit que son passeport avait été révoqué. Elle est alors devenue une musicienne de renommée mondiale, ainsi qu’une voix pour les opprimés et une virulente opposante à l’apartheid.
«Il y a des gens qui nous semblent indestructibles, avec lesquels il est impossible d’associer la mortalité, et elle en faisait partie. Nous pensions qu’elle avait toujours été avec nous et qu’elle serait toujours là. Elle faisait partie de ceux qui étaient victimes de l’absolue stupidité de l’apartheid. Elle a aidé à fixer l’attention des esprits du monde sur notre sort», a écrit le lauréat du prix Nobel de la paix Desmond Tutu, dans le Times de Londres.
Le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud a rappelé à quel point la musique de Miriam Makeba transportait des millions de gens en Afrique du Sud et dans le monde, devenant une source de fierté pour redonner l’espoir.
«Nous pouvons lui rendre hommage si nous poursuivons la lutte pour la libération de toutes les formes d’oppression, en nous inspirant de notre riche patrimoine africain pour garantir que tous les peuples d’Afrique du Sud et du monde entier soient capables de jouir de la plénitude de la vie que Dieu leur réserve», a indiqué le Conseil, qui rassemble 26 Eglises. (apic/eni/js)



