Une vague de crimes menace les bases de la société sud-africaine

Afrique du Sud: Pas de messe pour les meurtriers, demande l’archevêque Buti Tlhagale

Johannesburg, 18 octobre 2007 (Apic) Pas de messe d’enterrement à l’église pour les meurtriers, tel est le cri du coeur de l’archevêque catholique de Johannesburg, en Afrique du Sud. Mgr Joseph Buti Tlhagale va encore plus loin: il faudrait également refuser la communion à leurs complices, aux voleurs et aux receleurs de biens volés. Le prélat a prononcé ces fortes paroles la semaine dernière lors des funérailles d’un prêtre assassiné lors du vol de sa voiture.

Le Père Allard Mako, âgé de 42 ans, est décédé à l’hôpital après avoir été abattu par des voleurs alors qu’il se rendait dans la paroisse de St-Pierre à Nelspruit, dans la Province du Nord. Le religieux Oblat de Marie Immaculée (OMI), vice-maître des novices, avait été ordonné en 2003.

Après le sida qui décime la population, a souligné l’évêque sud-africain, les crimes violents sont «la menace la plus importante et la plus sinistre contre le bien-être et la sécurité en Afrique du Sud». Mgr Buti Tlhagale considère que les crimes violents sont en train de détruire l’Afrique du Sud et menacent les acquis obtenus après la victoire sur le régime de l’apartheid.

Président de la Conférence des évêques d’Afrique australe (IMBISA), Mgr Buti Tlhagale a relevé que dans son pays, «nombreux sont les gens à vivre dans la peur pour leur vie, à être dépouillés de leur liberté et de leur dignité, et beaucoup ont été tués de sang froid, ont été la proie de ces criminels froids, sans coeur, insensés, qui tuent en toute impunité». Si vous n’avez pas été directement victimes d’actes criminels, a-t-il déploré, «considérez-vous alors comme chanceux!».

L’archevêque de Johannesburg estime que le système judiciaire sud-africain est en partie responsable de cette situation intenable, car dans sa tentative d’alléger la dureté et la cruauté du système en vigueur sous le régime d’apartheid, il a donné l’impression que les criminels pouvaient commettre leurs forfaits et s’en aller sans être pris, ou du moins s’en tirer avec une peine légère.

Pour Mgr Buti Tlhagale, cela a eu pour résultat d’affaiblir la fibre morale de la société sud-africaine. «La société, mais aussi l’Eglise, doivent s’élever contre le crime et le traiter de façon impitoyable!» Et de relever que certains de ces criminels sans coeur prétendent être membres des communautés chrétiennes. «On ne devrait pas enterrer de tels criminels dans nos églises, pourquoi devrions-nous nous incliner devant des assassins de sang froid ?» (apic/allafr/be)

18 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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