Afrique du Sud: Sommet de responsables religieux et politiques sud-africains
Un code de conduite pour lutter contre la «crise morale»
East London, le 29 octobre 1998 (APIC) Un Sommet s’est tenu récemment à Johannesburg pour tenter de régler la crise morale que traverse l’Afrique du Sud. Des personnalités politiques et religieuses du pays, dont Nelson Mandela, se sont engagés à respecter un code de conduite comprenant 10 principes: intégrité, incorruptibilité, bonne foi, impartialité, franchise, sens des responsabilités, justice, respect, générosité, et aptitude à diriger.
«Notre pays traverse une profonde crise morale. La coopération générale de sa population et de ses institutions est nécessaire pour entraîner une transformation réaliste», déclare dans un communiqué les participants au Sommet.
Le président Mandela a rappelé «que lorsque nous avons demandé l’an dernier aux responsables de nos communautés religieuses d’exercer leur influence pour promouvoir la reconstruction et le développement de notre pays, en particulier son renouveau moral, nous l’avons fait sans idées préconçues ni instructions sur la façon de procéder. Nous savions seulement que la transformation sociale de notre pays ne pouvait être séparée de sa transformation spirituelle».
Le passé du pays et la réalité de l’apartheid ont attaqué le tissu moral de la société. Le président a ajouté: «Nous n’avions pas prévu que vous alliez répondre en organisant un Sommet qui rassemble les leaders politiques de notre pays et les représentants des grandes communautés religieuses. Cette démarche est déjà une grande réalisation, qui nous rend confiants en l’avenir. Ce Sommet réunit les deux sphères de la vie qui sont le plus étroitement et le plus fortement liées à la génération, le maintien et le respect des valeurs qui régissent nos relations avec autrui.»
«Les symptômes de notre malaise spirituel ne sont que trop familiers. Ils vont de la corruption qui gangrène les secteurs public et privé, à la corruption qui sévit dans notre système judiciaire; de la violence dans les relations personnelles et familiales, en particulier les abus toujours plus nombreux à l’encontre des femmes et des enfants», a encore dénoncé le président.
Nelson Mandela déplore aussi que «l’étendue de cette pourriture est telle que même au sein de communautés religieuses, se trouvent des auteurs ou complices de crimes ou encore d’actes de violence contre des femmes et des enfants». L’ampleur du problème et la difficulté de mobiliser la société en vue de l’éradiquer n’avaient pas été prévues. Pour conclure, le président sud africain reconnaît que «même s’ils continuent à un degré inacceptable, les choses changent, car des secteurs de la société, y compris les organisations religieuses, commencent à réaffirmer les valeurs morales qui sont la condition de toute société décente». (apic/eni/ab)



