Un ancien évêque propose l’amputation pour freiner cette vague
Afrique du Sud: Vague de criminalité en hausse
East London, le 17 février 1999 (APIC) L’ancien évêque président de l’Eglise méthodiste d’Afrique australe a provoqué une onde de choc en préconisant une sorte de loi du talion, c’est-à-dire l’amputation des membres et des oreilles des criminels sud-africains comme dernier recours pour endiguer la criminalité.
Stanley Mogoba était à la tête de l’Eglise méthodiste locale jusqu’à décembre 1996, date à laquelle, ayant décidé de se lancer dans la politique, il a démissionné de son poste d’évêque président. Il a été élu à la tête du Congrès pan-africaniste (PAC), ancien mouvement de libération devenu parti politique parlementaire.
Ironie du sort, c’est à la suite de l’appel lancé en janvier 1994 par Stanley Mogoba au Comitéé central du Conseil oecumenique des Eglises (COE), réuni à Johannesburg, que celui-ci a mis en place le programme «vaincre la violence».
En 1996, Stanley Mogoba, qui avait été emprisonné avec Nelson Mandela à Robben Island, près du Cap, pour son opposition à l’apartheid, avait reçu le Prix méthodiste mondial de la paix. Dans une lettre de trois pages adressée aux médias le 8 février, Stanley Mogoba écrit que le pays doit lutter contre les criminels «par tous les moyens… Nous devons les frapper sur la tête, leur couper les oreilles, les jambes ou toute partie du corps incriminée». L’avenir des gens en Afrique du Sud dépend de la répression impitoyable des criminels, poursuit-il. Un grand nombre de citoyens désespérés réclament le rétablissement de la peine capitale qui pourrait être «le dernier bastion d’une nation qui saigne».
Ces suggestions de l’évêque ont provoqué l’indignation dans les milieux ecclésiastiques et autres. L’évêque Mvume Dandala, successeur de Stanley Mogoba, a blâmé ces propos et rapelé que l’Eglise rejetait la violence comme moyen de régler les problèmes.
Malgré la vague de protestations indignées, Stanley Mogoba maintient son idée. «Des mesures correctrices sont nécessaires. Si cela signifie couper les mains, les oreilles, et les pieds des criminels, cela m’est égal, si tout le reste a échoué», a-t-il dit aux journalistes et aux diplomates au Cap le 11 février.
Selon Sheila Camerer, membre de l’opposition au Parlement, entre les années 1994 et 1997, 50% des ménages du pays ont été affectés par ce fléau. Un crime sur trois est violent, alors que cette proportion est d’un sur dix aux Etats-Unis et d’un sur 20 en Europe. Un sondage commandé l’an passé par le ministre de la Sécurité montrait que 3,8 millions de personnes, sur une population totale de 40 millions d’habitants dans ce pays, ont été victimes de la criminalité en 1997. (apic/eni/pr)



