Ateliers animés par des religieuses
Afrique du Sud: victimes et activistes de l’apartheid s’assoient à la même table
Johannesbourg, 10 mars 1998 (APIC) Grâce aux ateliers de travail organisés à travers l’Afrique du Sud, les victimes comme les activistes de l’apartheid arrivent aujourd’hui s’asseoir à la même table et à échanger leurs points de vue sur les horreurs du passé.
Les Sud-Africains, sans distinction de races, se sont engagés à une conscientisation réciproque sur les méfaits de l’apartheid. Tous ont subi ce fléau, et les activistes comme les victimes doivent en être guéris, explique Soeur Shelagh Mary Waspe, des religieuses de la Sainte-Famille. La religieuse anime des sessions de «guérison morale» organisées par l’Eglise en vue du rapprochement social du peuple sud-africain. Ces rencontres sont pour ceux qui y prennent part l’occasion d’explorer les méfaits du passé et d’effacer de leur mémoire les séquelles de ces horreurs, ajoute la religieuse, qui est aussi coordinatrice de la Commission «Justice et paix» du diocèse de Johannesbourg.
Récemment, une session de ce genre s’est tenue pendant trois jours à Johannesbourg, dans le cadre de la «Commission pour la réconciliation et la vérité» à l’oeuvre depuis avril 1986 dans le pays. L’objectif était d’éduquer la population à renoncer à ses ressentiments. D’une part, certaines victimes n’avaient pas subi de dommages corporels, moraux ou autres suffisamment sérieux pour les exposer devant la Commission pour la réconciliation et la vérité; d’autre part, certains privilégiés du régime passé n’avaient jamais entendu des victimes évoquer les souffrances qu’ils ont endurées.
De telles sessions, animées par six religieuses, sont bénéfiques pour les uns et pour les autres, souligne Soeur Waspe. Les discussions et échanges aident les participants à livrer leur expérience. Après quoi les participants, confient leur réconciliation au soin de Dieu en assistant ensemble à un culte oecuménique. (api/cip/pr)
Rome: Satisfaction du Vatican au lendemain de la nomination d’évêques vietnamiens
L’Eglise a besoin de liberté pour jouer son rôle
Rome, 10 mars 1998 (APIC) Le Vatican a exprimé mardi sa satisfaction pour la nomination de trois évêques vietnamiens, fruit d’une négociation serrée avec le gouvernement d’Hanoi qui depuis plusieurs années mettait des obstacles à de telles nominations.
Au lendemain de la nomination de trois évêques au Vietnam dans les villes d’Hô Chi Minh Ville (anciennement Saigon), Hué et Lang Son, Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire à la Secrétairerie d’Etat pour les relations avec les Etats, a dit sa joie de voir enfin les efforts du Saint-Siège aboutir. Il a réaffirmé à cette occasion que l’Eglise catholique a besoin de liberté pour jouer son rôle de promotion humaine et spirituelle dans la société.
Le diocèse d’Hô Chi Minh Ville représente la place forte du catholicisme au Vietnam. Le nomination d’un nouvel archevêque était attendue depuis plusieurs années par le Vatican. Rome avait déjà proposé quelqu’un pour ce poste, mais cela avait été refusé par les autorités du pays.
Mgr Celestino Migliore et Mgr Barnabé Phuong, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, ont effectué tout dernièrement un voyage au Vietnam, du 22 au 28 février, pour les ultimes préparatifs à ces nominations. De retour à Rome, Mgr Migliore a répondu lundi aux questions de Radio Vatican, en soulignant que les évêques et les fidèles catholiques sont très encouragés par ces visites quasi annuelles. «Les catholiques se sentent suivis par le pape». Autre fruit du voyage: la garantie, donnée aux autorités locales, de la volonté de dialogue et de coopération du Saint-Siège.
Le sous-secrétaire a cependant souligné que les évêques du Vietnam ont envoyé une lettre au Premier ministre du pays pour rappeler que la communauté catholique représente 10% de la population du pays et qu’elle a des valeurs importantes à mettre à disposition de la société dans les domaines de la promotion humaine et spirituelle comme celle aussi de la formation et «n’attend que de pouvoir organiser ces services en toute liberté».
Nominations bloquées jusqu’ici
Pour sa part, l’agence de presse Fides explique de son côté que les nominations ont été longtemps bloquées. La nomination de Mgr Pham Minh Man comme évêque de Hô Chi Minh
Ville avait été auparavant refusée par le gouvernement. Celle de l’évêque de Hué était freinée pour ralentir de cette manière les célébrations des 200 ans du sanctuaire de Notre-Dame de La Vang. La délégation a remis à l’évêque un calice, don de Jean Paul II pour les célébrations du sanctuaire.
Quant à celle de l’administrateur de Lang Son, dans le nord du pays, la nomination d’un nouvel évêque était aussi bloquée jusqu’ici. L’évêque, Mgr Pham Van Du, 76 ans, est malade et célèbre la messe dans un fauteuil roulant. Il avait besoin d’une aide. C’est maintenant chose faite. Le cardinal Paul Joseph Pham Dinh Tung, déjà archevêque métropolite de Hanoi, reçoit la charge d’administrateur apostolique de Lang Song et de Cao Bang.
Ces trois dernières nominations d’évêques manifestent, aux yeux de Fides, une «plus grande ouverture et une détente entre l’Eglise catholique et le gouvernement vietnamien». L’Agence rappelle cependant que les deux sièges épiscopaux de Hung Hoa et Phu Cuong demeurent vacants et que les nominations des coadjuteurs de Bui Chu et Da Nang sont retardées. Enfin que l’ouverture d’un nouveau séminaire a été refusée. (apic/imed/ba)




