Le pape les invite à faire preuve de sagesse dans l’inculturation

Afrique du Sud: Visite ad limina des évêques de la Conférence d’Afrique australe

Rome, 20 mai 1997 (APIC ) Le pape a condamné la législation libérale sur l’avortement en Afrique du Sud, en la qualifiant d’injuste. Dans son discours adressé lundi aux évêques de la Conférence épiscopale d’Afrique australe (Botswana, Afrique du Sud et Swaziland), en visite ad limina apostolorum, il a appelé l’Eglise à lutter contre la corruption et la soif de pouvoir dans le domaine public, et rappelé que l’inculturation est «l’un grands défis» de l’Eglise en Afrique, qui exige «de la part des évêques une sagesse et une fidélité exemplaires».

Faisant allusion aux efforts de la Conférence épiscopale pour promouvoir l’inculturation de la liturgie dans la région, Jean-Paul II a rappelé ce qui en est le principe fondamental: accueillir ce qui, dans les cultures locales, est compatible avec un authentique esprit liturgique dans «le respect de l’unité organique du rite romain».

Face à cette tâche «difficile et délicate», le pape a souligné que l’inculturation ne saurait être menée à bien sans une assimilation plus profonde du patrimoine de l’Eglise. Cela suppose une «totale fidélité à l’Ecriture – au dépôt sacré de la Parole de Dieu – et au magistère – à son interprétation autorisée, confiée au Collège épiscopal tout entier, avec le Successeur de Pierre comme fondement de son unité».

Une société à réconcilier

Rappelant qu’il revient aux chrétiens d’Afrique Australe de contribuer à la construction de leurs nations «dans la liberté et la justice», le pape a aussi rendu les évêques attentifs à leur rôle dans la formation des consciences. Après avoir hier combattu avant tout le racisme, qui est une offense intolérable à l’inaliénable dignité des êtres humains, il s’agit pour eux aujourd’hui de prêcher la réconciliation, en enseignant que «la paix et la justice ne peuvent être véritablement établies que si le cercle de la violence et de la vengeance fait place à la grâce du pardon».

Jean-Paul II a insisté en particulier sur l’importance d’une formation «soignée» des agents de la nouvelle évangélisation, prêtres, religieux et laïcs. Ces derniers doivent être aidés à «prendre davantage conscience des implications de leur baptême». Les jeunes surtout ont besoin d’être aidés à croire en l’avenir» pour prendre leur part à la construction de la société et aux affaires publiques en rejetant «tout égoïsme, toute corruption et toute recherche du pouvoir» – fléaux que Mgr Louis Ncamiso Ndlovu, évêque de Manzini (Swaziland), avait dénoncés dans son adresse au pape.

Le pape a souhaité que soient préservés les valeurs familiales africaines et les droits de la famille, dans les législations en particulier (allusion aux lois libéralisant l’avortement récemment votées en Afrique du Sud). Il a souligné aussi le rôle déterminant des écoles catholiques dans la transmission de ces valeurs.

Devenir prêtre n’est pas une promotion

Jean-Paul II en est venu ensuite à la question de la formation des futurs prêtres et du statut social du sacerdoce, souvent perçu comme une promotion. «Ni le séminaire, ni le sacerdoce ne devraient conduire à un style de vie privilégié», a-t-il déclaré.

Au moment où une retraite internationale des prêtres en terre Africaine est en préparation – elle aura lieu à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) du 8 au 13 juillet -, le pape a rappelé les recommandations du Directoire sur la vie des prêtres, concernant en particulier la simplicité et le sacrifice: «Un prêtre peut difficilement être un véritable serviteur et un ministre pour ses frères et soeurs, dit le document, s’il se préoccupe excessivement de son propre confort et de son bien-être». A cet égard, un discernement sérieux est indispensable pour vérifier la «maturité humaine» des candidats, pour leur assurer ensuite une formation spirituelle de qualité. (apic/cip/imed/pr)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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