Afrique: L’archevêque anglican du Cap prône l’union économique du continent
«Le géant africain doit sortir de son profond sommeil»
East London, Afrique du Sud 19 avril 1998 (APIC) L’archevêque anglican du Cap, Njongonkulu Ndungane, a vivement encouragé les leaders africains a mettre en place une «Union économique des Etats africains» pour assurer au plus grand nombre croissance et développement. Il est temps pour «le géant africain de sortir de son profond sommeil et prendre la place qui lui revient dans le monde.», a-t-il souligné.
S’exprimant le 16 avril à Accra lors du lancement en Afrique de la Campagne pour le Jubilé de l’an 2000, l’archevêque Ndungane a souligné que les responsables politiques devaient dépasser les accords économiques bilatéraux et régionaux et se lancer dans des projets plus ambitieux. Une union économique des Etats africains devrait garantir que l’Afrique ne soit plus jamais marginalisée et ne soit plus jamais une sébile de mendiant tendue au monde; que les ressources africaines ne soient plus jamais exploitées; que l’Afrique ne devienne pas le dépotoir pour les déchets nucléaires ou toxiques; et que l’Afrique attire des capitaux d’investisseurs du monde entier.
«Il est temps aujourd’hui pour les pays de ce continent d’entamer une période de croissance continue et stimulante – une croissance économique et sociale qui entraînerait le développement dans le monde entier», a-t-il dit. «Il est très encourageant de rappeler qu’une étude récente du département de recherche du magazine «The Economist» note que cinq des 20 nations dont la croissance économique est la plus rapide se trouvent en Afrique. C’est remarquable et c’est sur cette base que nous devons construire», a souligné l’archevêque.
Une Union économique des Etats africains rapprocherait le continent de l’indépendance économique, tout en lui donnant «l’occasion de négocier avec plus de vigueur et de réalisme avec le monde développé et industrialisé». L’Afrique doit donc jouer un rôle essentiel en influençant le cours du prochain millénaire. Pour cela, a ajouté l’archevêque Ndungane, elle doit «se libérer des dernières chaînes de l’oppression qui la retiennent encore – le joug de la dette internationale». Mais, a-t-il lancé aux chefs d’Etat, «la libération de la dette doit s’accompagner d’un engagement: que tous puissent profiter des avantages qui en découleront».
L’unité africaine est l’une des principales préoccupations de l’archevêque Ndungane – successeur de Desmond Tutu à la tête des deux millions d’anglicans d’Afrique du Sud. En janvier de cette année, il avait demandé aux Eglises anglicanes de s’unir au sein d’une «Eglise épiscopale d’Afrique» et aux gouvernements africains d’envisager la création d’une organisation économique continentale. (apic/eni/mp)



