Afrique: La région des Grands lacs est devenue un «coupe-gorge» pour le clergé
Kinshasa, 10 décembre 2000 (APIC) Christian Hemedi, chercheur indépendant, a présenté son ouvrage intitulé «Le clergé et la crise de la sous-région des Grands lacs» au symposium international organisé par l’université de Kinshasa du 4 au 8 décembre 2000. L’auteur affirme que cette partie de l’Afrique est devenue un véritable coupe-gorge pour le clergé.
Depuis les événements de 1994 qui ont amené au pouvoir les troupes du Front patriotique ruandais, «on a observé une véritable chasse au clergé surtout catholique, accusé d’avoir sinon participé, du moins laissé perpétrer le génocide», affirme Christian Hemedi, qui préside de l’Association pour la renaissance des droits humains au Congo. Ce dernier souligne qu’il s’est installé une politique de dénigrement de l’Eglise débouchant sur une véritable persécution visant à réduire son influence sur les populations. «Au Rwanda, cette stratégie a connu son point fort avec l’emprisonnement, le 15 avril 1999, de Mgr Augustin Misago, Evêque de Gikongoro, accusé de complicité dans les actes de génocide de 1994», estime l’auteur de l’étude.
Dans la région des Grands lacs africains, qui comprend la République Démocratique du Congo, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie, le Burundi et le Kenya, on compte 58 personnes assassinées depuis 6 ans parmi les prêtres, religieuses, évêques, laïcs engagés en pastorale, pasteurs et séminaristes. Christian Hemedi estime que la responsabilité de ces tueries revient au Front patriotique ruandais, à l’Armée patriotique ruandaise, au mouvement rebelle congolais RCD, ainsi qu’aux gouvernements ougandais et kenyan.
En évoquant les perspectives de paix, Christian Hemedi souligne qu’au-delà de l’engagement politique pour la paix, le clergé doit contribuer à l’avènement des sociétés restaurées, expurgées de violence, de rancœur, de haine et de désir de vengeance, grâce à l’exploitation des ressources chrétiennes de la Justice réparatrice. (apic/dia/bb)



