De plus en plus de musulmans veulent accomplir le pèlerinage

Afrique: La saison du Hadj est déjà ouverte

Ibrahima Cissé, correspondant de l’Apic à Dakar

Dakar, 26 novembre 2006 (Apic) La saison du Hadj, ou grand pèlerinage aux lieux saints de l’islam en Arabie, a commencé en Afrique. Partout dans le continent, les musulmans désireux d’accomplir ce devoir religieux, sont mobilisés.

Le Hadj est l’un des cinq piliers de l’islam aux côtés de la profession de foi, des cinq prières quotidiennes, de la zakatt ou aumône, et du jeûne pendant le ramadan. L’islam recommande à tous musulmans qui en a les moyens d’effectuer au moins une fois dans leur vie le pèlerinage à la Mecque et à Médine.

Le Hadj a lieu entre la fin du ramadan et la fête du mouton. Il consiste, pour les pèlerins, à visiter La Mecque et Médine, soit les différents endroits qui ont marqué la naissance de leur religion, tout en perpétuant certains gestes sacrés. Il s’agit, entre autres, de faire le tour de la Kaaba et de lapider une stèle symbolisant Satan.

Pas de hadj si la famille est dans le besoin

Selon le Commissaire général au pèlerinage du Sénégal, El Hadj Moustapha Guèye, les conditions à remplir pour effectuer le pèlerinage sont nombreuses. Il faut d’abord avoir une bonne santé, des moyens matériels et financiers suffisants. Pour un chef de famille, il n’est pas permis d’aller en pèlerinage alors que sa famille est dans le besoin. Il n’y a pas de limitation d’âge pour accomplir ce devoir.

Le Sénégal est l’un des pays d’Afrique qui envoie proportionnellement le plus de pèlerins aux lieux saints de l’islam. Cette année, 9’800 Sénégalais se rendront sur les lieux sacrés. L’année dernière, ils étaient 9’500. Le prix du billet d’avion a connu une hausse de 100’000 francs CFA (plus de 200 Frs), passant de 1,6 à 1,7 million de francs CFA (4’000 à 4’200 Frs). «Hadj n’est pas du tourisme, encore moins du sport, mais un moment de recueillement, de retour à Dieu», poursuit el Hadj Moustapha Guèye. «C’est un voyage qui exige bien financièrement, dur physiquement et moralement, car on laisse derrière pour un mois sa famille».

Visas limités pour l’Île Maurice

Les musulmans de l’Île Maurice, sur l’Océan indien, préparent eux aussi le pèlerinage. L’Arabie Saoudite va accorder 1’200 visas aux pèlerins locaux. Ils seront distribués à 22 groupements de musulmans. L’Etat a chargé deux agences d’organiser leur voyage, a rapporté l’Agence de presse africaine (APA).

Pour le président du Centre culturel islamique (ICC) du pays, Habib-Ul-Lah Sayed Hossen, la décision des autorités saoudiennes limitant le nombre visas, vise à prévenir les incidents de l’année dernière dans lequel des centaines de pèlerins sont morts suite au piétinement dans le lieu saint. «Le gouvernement saoudien a du mal à contrôler l’arrivée du nombre croissant de personnes pendant le Hadj, surtout depuis les deux incidents malheureux dans lesquels des personnes ont été piétinées à mort», a-t-il souligné.

A cause du quota accordé à leur pays, les musulmans mauriciens ont décidé de faire une sélection des candidatures. La priorité sera accordée à ceux qui effectuent leur premier Hadj. Ceux qui ont été à la Mecque et à Médine dans les cinq dernières années seront en liste d’attente. Le prix du billet du transport a augmenté de 1’400 Frs, et la compagnie aérienne nationale, «Air Mauritius» (AM) a été choisie comme transporteur officiel. Le gouvernement négocie cependant avec la compagnie Egypt Air pour ramener les pèlerins qui veulent revenir à partir de Médine, étant donné que AM n’a pas de droits d’atterrissage dans cette ville.

Au Cameroun, le gouvernement a annoncé la mise sur pied, avec les autorités saoudiennes, de «principes de gestion visant à garantir une organisation rationnelle et une bonne sécurité des pèlerins musulmans camerounais avant, pendant et après le grand pèlerinage», a rapporté le quotidien «Cameroon Tribune».

En Tunisie, le ministère des Affaires religieuses, a annoncé la fermeture, le dimanche 26 novembre, des guichets de pèlerinage qui avaient été ouverts pour Tunis, la capitale, le 10 novembre, et dans les régions le 6 novembre. Le nombre de pèlerins inscrits n’est pas précisé. (apic/ibc/bb)

26 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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