En Afrique du sud une voix critique: Mgr Tutu
Afrique: Les responsables africains saluent le nouveau pape
Nairobi, 21 avril 2005 (Apic) Les leaders africains saluent l’élection du cardinal Joseph Ratzinger comme le nouveau pape Benoît XVI. Une voix discordante dans le concert de louanges, Mgr Desmond Tutu, l’archevêque anglican, figure historique de la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud.
Les responsables africains accueillent avec optimisme le nouveau pape Benoît XVI. A Nairobi les chrétiens qui s’étaient rassemblés à l’extérieur de la Basilique de la Sainte Famille ont chanté et dansé en signe de louanges au nouveau souverain pontife, sitôt annoncée la nouvelle. En Afrique du sud, une voix discordante s’est élevée, celle de Mgr Desmond Tutu, archevêque d’Afrique du sud,qui estime peu probable que le nouveau pape mette fin à l’opposition de l’Eglise sur les préservatifs. C’est à ses yeux «plus important que le fait que le pape soit Africain ou pas».
Dans une déclaration à la radio nationale d’Afrique du sud, mercredi, 20 avril, Mgr Tutu s’est déclaré «déçu du choix d’un nouveau pape rigidement conservateur» et «hors du temps». L’archevêque anglican du Cap, Prix Nobel et figure emblématique de la résistance au régime d’apartheid en Afrique du sud, a déclaré qu’il était important que le nouveau pape soit «ouvert au dialogue avec les autres religions, en particulier face à la popularité croissante des chrétiens évangéliques et de l’islam en Afrique». «Dieu n’est pas qu’un chrétien et parfois nous faisons comme si Dieu était la chasse gardée d’une foi particulière».
Au Nigeria, l’archevêque John Onayekon a expliqué à la BBC que les catholiques africains soutenaient les vues conservatrices de l’Eglise sur le volet social et celui de la sexualité.
Malgré la relative unanimité, les critiques qui s’élèvent ça et là mettent en avant les vies fauchées par le sida en Afrique et espèrent qu’un nouveau pape adoptera une position différente que celle de Jean Paul II.
Un nouveau pape «allié dans la lutte contre le racisme»
Le président sud africain Thabo Mbeki voit dans le nouveau pape un «allié potentiel qui aura la force de créer un monde plus sûr et plus solidaire». Le président Mbeki espère que «l’enrôlement forcé dans les jeunesses hitlériennes, alors qu’il était adolescent, du futur pape, lui a donné l’expérience du racisme, un fléau qui n’est de loin pas éradiqué du monde en 2005», a-t-il déclaré.
Bien que le cardinal nigérien Francis Arinze ait été considéré comme un successeur possible de Jean Paul II, la correspondante de la BBC à Lagos, Anna Orzello a déclaré que peu de personnes pensaient réellement qu’il deviendrait le nouveau pape.
Au Congo RDC, qui a la population catholique la plus importante d’Afrique, la Conférence nationale des évêques catholiques a accueilli chaleureusement le nouveau pape, qui représente «un signe de continuité dans les actions menées par son prédécesseur, dont il était le bras droit».
Pour sa part, le Père Dominic Wamugunda, un prêtre catholique et maître de conférences au département de sociologie de l’Université de Nairobi au Kenya a déclaré: «Je ne pense pas que les européens et les américains sont prêts à voir un pape africain».
A Nairobi et en Ouganda, les présidents Mwai Kibaki et Yoweri Museveni ont salué l’élection du nouveau pape Benoît XVI.
L’archevêque catholique kenyan Ndingi Mwana a’Nzeki s’est félicité de l’élection du cardinal Ratzinger et n’est «pas surpris que les cardinaux aient choisi quelqu’un qui puisse continuer le travail de Jean Paul II.
Au Kenya toujours, l’archevêque Anglican Benjamin Nzimbi a félicité les catholiques dans le pays et dans le monde après l’élection du nouveau pape. Quant à la communauté musulmane, par la voix de cheikh Kadhi Sheikh Hamad Kassim, elle espère que le nouveau pape renforcera «la comprehension et la tolérance entre les religions». (apic/allafrica/bbcnews/vb)




