Non à la guerre, non à l’achat d’armes, non aux destructions !

Afrique: Lettre des évêques catholiques à tous les chefs d’Etat

Accra, 10 décembre 1997 (APIC) Dans une lettre ouverte à tous les chefs d’Etat africains, les évêques catholiques d’Afrique et de Madagascar disent non à la guerre, non à l’achat des armes, non à la destruction des infrastructures. Les prélats invitent les dirigeants politiques à créer avec leur peuple une «connivence positive» et une «estime réciproque».

Signé par Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani, au Zaïre, et président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), le message, préparé lors de la rencontre du SCEAM en septembre, en Afrique du Sud, met l’accent sur les ravages causés par les conflits et par la négation de la démocratie. Dans beaucoup de pays africains sévissent des guerres fratricides, des violences, des destructions de vies humaines, de biens privés et publics, constatent les évêques. «Les pires victimes n’en sont pas les adultes mais surtout les enfants et les adolescents, l’avenir de nos pays, qui ne connaissent pas d’autre école que les champs de bataille de ces guerres où ils se trouvent tristement enrôlés.»

«Ne pourrions nous pas prévenir celles-ci en évitant la constitution de milices armées, privées, ou de groupes et en renonçant catégoriquement à dépenser nos maigres ressources financières pour l’achat d’armes destinées à conquérir ou à sauvegarder un pouvoir qui en démocratie ne se conquiert que par la voie des urnes ?» demandent les prélats.

«Encore faut-il que l’organisation, le déroulement des élections et la proclamation des résultats suivent des règles respectueuses des droits des personnes et dans la transparence la plus totale, garantie par une commission indépendante et autonome.»

Autre effet pervers aux yeux des évêques le non-respect de la Constitution dans la gestion de la chose publique ne peut qu’entraîner des conflits préjudiciables au bien public. Non à la guerre! Non à l’achat des armes! Non à la destruction de toute infrastructure au service du public, s’écrient les évêques.  » Ce n’est pas une tâche facile: Nous prions Dieu de vous donner toujours de l’assumer avec courage et avec sérieux, dans la fidélité à votre serment», disent les membres du SCEAM aux chefs d’Etats.

S’attaquer aux tâches nécessaires à la reconstruction du continent exige une «connivence positive» et «l’estime réciproque» entre le peuple et les dirigeants. «Cette estime incitera les citoyens à tous les sacrifices, s’ils constatent que toutes les ressources destinées au bien commun y sont effectivement consacrées. Par contre elle sera battue en brèche s’ils ont l’impression que ces ressources sont mal gérées, dilapidées ou détournées au profit du chef de l’Etat, de sa famille ou de son entourage «

Les évêques du SCEAM concluent en assurant les chefs politiques qu’ils sont prêts à s’engager avec eux sur «champ de bataille avec pour arme principale l’amour de Dieu, qui est vie, pour que vive l’Afrique.» (apic/com/mp)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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