Afrique: Lutte contre le trafic d’enfants et pour le rapatriement des enfants volés
Bamako, 17 octobre (APIC) Le gouvernement malien et ses partenaires ont lancé un plan d’action pour le rapatriement et la réinsertion sociale, d’ici fin décembre 2001, d’au moins 18’000 enfants maliens volés, puis vendus comme esclaves à des agriculteurs de la Côte-d’Ivoire.
Le coût global de ce plan est estimé à 825 millions de francs CFA (2 millions de francs suisse). Victimes de trafiquants, les enfants vendus en Côte-d’Ivoire sont utilisés comme esclaves par leurs nouveaux maîtres. Ils sont gardés au secret dans les plantations ivoiriennes.
Le réseau de trafic d’enfants est très dynamique en Afrique occidentale. Les trafiquants mènent leurs activités dans de nombreux autres pays de l’Afrique occidentale, dont les plus importants sont en plus du Mali, le Bénin et le Burkina-Faso.
Des garçons qui ont réussi à s’échapper de leurs lieux de détention, ont décrit des conditions de vie inhumaine dans lesquelles sont maintenus les enfants-esclaves: «J’ai vu des enfants dont tout le dos était lacéré, qui avaient la plante des pieds en lambeaux, d’autres avaient bu leur urine, parce qu’ils avaient été punis pour avoir voulu s’échapper», a déclaré à la presse la ministre malienne de l’Enfant et de la Famille, Afsatou Thiéro Diarra.
Elle a fait état «d’images insupportables», ajoutant avoir entendue des rescapés, des témoignages difficilement supportables. «Ils ont vu leurs camarades mourir devant leurs yeux, souvent battus jusqu’à la mort ou alors égorgés», a-t-elle ajouté.
Accord de coopération pour la lutte contre le trafic transfrontalier
Les villes maliennes de Bamako, la capitale, Ségou (sud), Mopti et Sikasso (sud-est), à la frontière avec la Côte-d’Ivoire, sont considérées comme des plaques tournantes du trafic d’enfants. Ce commerce représente un enjeu économique aussi bien pour les trafiquants que pour les riches agriculteurs ivoiriens. Les gouvernements du Mali et de la Côte-d’Ivoie ont engagé une lutte contre cette pratique. Ils ont signé le 1er septembre dernier un accord de coopération bilatérale en matière de lutte contre le trafic transfrontalier d’enfants. En signant cet accord, ils ont exprimé leur volonté politique d’abolir le trafic d’enfants en élaborant des plans d’actions nationaux contre le trafic, ainsi que sur le rapatriement et la réhabilitation des enfants. Une commission permanente a été mise en place. Sa première réunion est prévue en décembre prochain.
La partie malienne s’active à l’application de cette convention. Elle a réuni la semaine dernière ses partenaires pour discuter du plan d’action de lutte contre le trafic d’enfants, pour leur rapatriement et leur réinsertion. Des Organisations non gouvernementales (ONG), telles que «Save the Children» (Grande-Bretagne), Aide à l’Enfance (Canada), ainsi que des organisations intergouvernementales (UNICEF), ont participé à cette rencontre.
A l’issue des travaux, les partenaires ont préconisé la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation des différentes activités prévues dans le cadre du plan d’action. En outre, ils ont demandé la création d’un système de gestion axé sur des résultats concrets, l’implication plus accrue de la société civile et la participation effective et significative des enfants dans l’application et l’évaluation du plan d’action. Déjà, un camp de transit pour enfants rapatriés a été installé à la frontière entre le Mali et la Côte-d’Ivoire. (apic/ic/vb/pr)



