Les pays du continent Africain, ici en Algérie en 2016, ont fêté l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. | © Wikimedia/CC BY-SA 4.0
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Les pays du continent Africain, ici en Algérie en 2016, ont fêté l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. | © Wikimedia/CC BY-SA 4.0

Afrique: les musulmans célèbrent la naissance de Mahomet

01.12.2017 par Ibrahima Cisse, correspondant de cath.ch en Afrique

Les musulmans ont célébré dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2017, le Mawlid ou Maouloud, anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, un lundi de l’année de l’éléphant, en 570.

Né à la Mecque, dans une famille noble des Banu Rachid, une tribu arabe dont beaucoup de membres ont émigrés, en 1846 en Erythrée, au Soudan et dans la péninsule arabe, pour cause de guerre , le prophète Mahomet a transformé le monde.

En 610, alors qu’il avait 40 ans, l’archange Gabriel lui transmettait la première révélation dans la grotte de Hirâ, situé aux environs de sa ville natale où il aimait se retirer dans la journée.  Cette révélation constitue les cinq premiers versets du Coran (verset 96).  Ils exhortent le prophète en ces termes: “lis, au nom de ton Seigneur qui a créé. Il a créé l’homme d’un embryon. Lis! Ton Seigneur est le très Généreux”.

Aux révélations qui se succédaient alors, suivirent trois ans plus tard, en 613, celle des cinq prières quotidiennes, second pilier de l’Islam, après la foi. Khadija, son épouse, devint la première convertie à la nouvelle religion révélée à son époux. Depuis, il s’est évertué à transmettre et à propager le message divin, jusqu’à sa mort, en 632.

Terrorisme religieux

A travers l’Afrique, des centaines de millions de musulmans ont célébré sa naissance dans les mosquées ou autres lieux publics, par des prières, lecture de Coran, chants religieux et poèmes à la gloire du prophète de l’Islam. Maouloud 2017 a cependant été célébrée dans un contexte mondial du terrorisme religieux.
Au Sénégal, le porte-parole du khalife général des Tidjane, le cheikh Pape Malick Sy, a dénoncé,  à l’occasion de  cet évènement religieux, “le terrorisme (religieux)  et ses causes”.

Le guide religieux intervenait lors d’un rassemblement de fidèles à Tivaouane, au nord du pays, fief du khalife général des Tidjane, la grande confrérie musulmane au Sénégal et en Afrique. Fondée par son grand-père, le marabout Elhadj Malick Sy (1855-1922), Tivaouane  est le plus grand lieu de convergence des musulmans du Sénégal chaque année, pour le Maoulid.

Intervenant après le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, en charge aussi des cultes, Aly Ngouille Ndiaye, Serigne Pape Malick Sy, pape Malick Sy a estimé qu’il était nécessaire de “connaître les causes profondes” du terrorisme religieux pour mieux le combattre.
Selon lui, “il faut aussi chercher à savoir le degré de croyance des poseurs de bombes” (les terroristes religieux), ajoutant qu’il est “tout aussi important de savoir la responsabilité de l’Occident dans leurs actes”. Car  a-t-il souligné,  “on ne saurait faire l’économie du rapport qu’ils ont avec l’Occident et l’Islam”. “Notre religion ne peut cautionner des actes de violence”, a rappelé le guide religieux.

Lutte contre l’instrumentalisation de l’islam

Au Maroc, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a déclaré, au cours d’une veillée religieuse présidée par le roi Mohamed VI, à l’occasion de Mawlid, que le royaume adopte “une architecture de prédication moderne, rigoureuse et soutenue répondant aux besoins des fidèles et préservant la religion  (islamique) contre toute instrumentalisation”.

Cette stratégie met l’accent sur l’importance du Coran, l’encadrement des fidèles par les oulémas, le soutien aux mosquées et aux préposés religieux, ainsi qu’à la promotion de l’enseignement originel.
En matière de diffusion du  Coran, il a indiqué que 1,7 millions d’exemplaires du livre saint ont été imprimés cette année par la Fondation Mohammed VI, a rapporté l’agence de presse marocaine Maghreb arabe presse.

Au sujet de l’action des Oulémas, Toufiq a relevé qu’en plus du programme annuel du Conseil supérieur et des Conseils locaux des oulémas, de nombreuses initiatives ont été prises pour “rehausser” les prestations en leur faveur. Il s’agit de la mise en place d’un programme de qualification des imams, du lancement du prix du prêche, du roi Mohamed VI au prêcheurs, et de la publication d’un document d’orientation qui définit les règles fondamentales devant présidé à d’élaboration et à la prononciation du prêche.

Dans le même ordre d’idées, l’Etat a construit 15 grandes mosquées, lancer les travaux de construction de 17 autres, réhabilité 890 des mosquées fermées pour dysfonctionnement ou en état de ruine. Il a aussi restauré cinq mosquées historiques, réfectionné 12 mosquées de cette catégorie, équipé 2’000 autres en tapis ou moquettes,  et entretient 170 autres. (cath.ch/ibc/bh)


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