Afrique: Pax Christi invite à «briser les lances»

Première consultation régionale du mouvement international

Pretoria, 23 octobre 2000 (APIC) La première consultation régionale du Mouvement international Pax Christi a réuni du 8 au 13 octobre à Pretoria (Afrique du Sud) des représentants de 20 pays (dont 12 pays africains) travaillant pour la paix dans la Corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Australe. Dans une déclaration intitulée «Brisons les lances, ces représentants réaffirment leur engagement dans la promotion des responsabilités de leurs Eglises.

Parmi les 46 signataires de la déclaration finale figurent des responsables africains de Pax Christi, des commissions Justice et Paix et de divers mouvements, ainsi que quelques représentants des épiscopats, dont Mgr Laurent Monsengwo (Congo ex-Zaïre).

Par leur déclaration, ils veulent affirmer solennellement leur engagement dans la promotion des responsabilités de leurs Eglises, leurs sociétés civiles, leurs peuples et leurs Etats en faveur de la paix par la justice et la réconciliation. Tous doivent construire la société civile.

Les signataires condamnent «l’instrumentalisation des groupes ethniques ou de tout autre groupe social comme moyen d’accéder au pouvoir politique et aux richesses», toute situation où la poursuite de gains économiques prévaut sur la dignité humaine et l’intégrité de la création, et la prolifération des armes légères, qui est une source de violence et «conduit à la tendance criminelle de mobiliser des enfants dans les conflits armés». Ils exigent que les enfants soldats soient démobilisés, réhabilités et réintégrés dans la société.

Jugeant «impérieux» que les leaders socio-politiques africains assument «les aspirations légitimes des populations pour une société basée sur la dignité humaine, le partage équitable des ressources et des richesses, les valeurs morales et spirituelles, le respect inconditionnel de la vie humaine et l’intégrité de la création», les participants à la consultation encouragent les initiatives de formation de futurs leaders des communautés et des pays africains dans cet esprit.

Ils insistent sur la participation de la société civile dans les processus de paix aux niveaux local, national et international. Ils demandent l’apport de tous pour la construction et le renforcement de la société civile en Afrique comme force de paix, et soulignent le rôle que peuvent jouer à cet égard les femmes et les moyens de communication sociale.

Un lobbying à renforcer

Les signataires invitent avec insistance les gouvernements locaux et nationaux et les organismes internationaux à «développer des politiques efficaces contre la prolifération d’armes à feu en Afrique, notamment par des programmes d’action immédiate, capables de démobiliser les belligérants et de leur offrir des alternatives, pour développer et mieux orienter les efforts de sécurité, en promouvant au niveau régional des initiatives de paix et cela, pour remplacer la culture de la violence par la culture de la paix». Ils rappellent à ce sujet que c’est à l’Etat d’assurer la sécurité de ses citoyens, «sans confier aux citoyens eux-mêmes la responsabilité de leur propre sécurité par des milices privées».

Enfin, reconnaissant le rôle joué par les partenaires de l’Afrique en portant leur attention à la résolution des conflits et à la nécessité de construire la paix, la déclaration les invite à «augmenter d’une façon significative leurs efforts pour l’action de lobbying, de promotion et de mobilisation de tous les acteurs et de toutes les parties impliquées dans la construction de la paix en Afrique». (apic/cip/vb/pr)

23 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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