Afrique: Un évêque anglican kenyan ne veut pas d’accord commercial avec l’UE

Trop de «fâcheuses conséquences»

Nairobi, 7 août 2006 (Apic) L’évêque anglican Gideon Ireri, qui dirige le département «Justice et paix» de l’Eglise anglicane du Kenya, a estimé qu’un accord commercial avec l’Union européenne aurait de fâcheuses conséquences.

Selon lui, certains accords commerciaux encouragés par des groupes de pays comme l’Union européenne (UE) entraîneraient un accroissement de la pauvreté et doivent par conséquent être rejetés.

L’évêque Ireri a affirmé qu’il soutenait les alternatives de développement qui améliorent les conditions de vie après que 15 organisations de la société civile et associations d’agriculteurs de l’est et du sud de l’Afrique ont mis en garde contre de nouveaux accords commerciaux avec l’UE à 25. Ceux-ci, selon eux, entraveraient le développement et entraîneraient un accroissement de la pauvreté.

«Il faut se débarrasser de tout système et de toute structure qui contribue à la paupérisation en Afrique», a déclaré l’évêque anglican dans une déclaration reprise par l’Agence oecuménique ENI. «La population, a-t-il dit, n’a pas été capable de s’adapter aux précédentes structures imposées par l’Occident et qui ont été un fardeau injuste pour elle».

Ses déclarations sont intervenues suite à la réunion des groupes de pression le 31 juillet à Nairobi, qui a exhorté l’UE à mettre fin aux Accords de partenariat économique (APE). Selon ces organisations, les APE remplaceraient l’accès préférentiel au marché européen dont bénéficie l’Afrique dès son expiration en 2007. Les APE sont des accords de libre-échange qui prévoient d’ouvrir les marchés africains à la concurrence des produits européens.

Lors de la conférence, Peter Aoga, responsable de programme chez Econews Africa a déclaré que «la région a cherché en vain une voie rationnelle pour son développement économique». Selon Gichinga Ndirangu, responsable pour la politique commerciale chez Oxfam International, «des industries et des marchés agricoles encore à l’état embryonnaire seront atteints ou anéantis en raison d’une concurrence prématurée ou injuste de la part de l’UE». Gichinga Ndirangu affirme que l’UE devrait offrir des accords de «juste-échange», pas des accords de libre-échange. Il souligne que les accords prévus mettraient les gouvernements africains dans l’incapacité d’utiliser la politique commerciale pour favoriser le développement.

Hara-kiri commercial

Moses Shaha, directeur du Kenya Small Scale Farmers Forum, a déclaré : «Nous assisterions à l’importation de produits tels que le lait en poudre subventionné par l’UE, ce qui saperait l’activité de nos propres producteurs de produits laitiers».

Les organisations kenyanes souhaitent que l’Union européenne commence à négocier des accords qui protégeraient les producteurs africains, inverseraient le processus de libéralisation du commerce et des investissements et permettraient aux pays africains de poursuivre des stratégies de développement individuelles. (apic/eni/pr)

7 août 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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