Le cercle vicieux de la pauvreté et du sida
Afrique : Une missionnaire de l’Association Jean XXIII dénonce
Ndolo,
(APIC) La pauvreté et la misère sont les facteurs majeurs de la propagation du sida en Afrique déononce Mara Rossi Mercedes, médecin et laïque missionnaire de l’Association Jean XXIII, qui a passé 12 ans en Zambie en tant que responsable des projets de lutte contre le sida pour le diocèse de Ndola.
95% des malades du sida se trouvent dans les pays pauvres alors que 95% des médicaments se trouvent dans les pays riches. Mara Rossi Mercedes est formelle: «la carte géographique du SIDA coïncide clairement avec celle de la pauvreté. La faim, la précarité et l’affaiblissement de l’organisme rendent le virus du SIDA plus agressif, déclare la doctoresse qui gère onze projets d’assistance à domicile concernant 7’000 malades et quelque 50’000 proches.
«C’est un cercle vicieux: sans argent, on n’a pas les moyens de se soigner et la maladie se répand à toute allure. Pour donner à manger à leurs enfants, des femmes se prostituent et risquent ainsi la contagion. Le vrai problème est de les soustraire à la pauvreté et de leur rendre leur dignité», estime la doctoresse.
Encadrer 7’000 sidéens et 50’000 proches
Quatrième cause de mortalité dans le monde, première en Afrique, le Sida a bouleversé les sociétés africaines, surtout celles des régions australes où l’épidémie est «hors contrôle» selon l’Onusida. Dans l’ère de la mondialisation actuelle, il faut agir sur les mécanismes de distribution de la richesse au niveau de la planète. Les équipes de lutte contre le sida du diocèse de Ndola, qui compte un demi-million d’habitants, n’interviennent pas seulement au niveau sanitaire: elles donnent également une grande importance aux aspects spirituels et pastoraux.
L’Association Jean XXIII, créée par Don Oreste Benzi, se consacre en Italie, à soustraire les prostituées à l’exploitation dans la rue.
Sept personnes sur dix vivent en Afrique
Selon les chiffres des Nations Unies, sept personnes sur dix atteintes par le virus vivent en Afrique ; 90 % des malades du SIDA ont moins de 15 ans. En Afrique du Sud, où se déroule la 13 Congrès mondial sur le sida, les malades sont au nombre de 4,2 millions et la plupart des personnes décédées l’année dernière avaient entre 15 et 49 ans. Dans des pays comme le Botswana, la Namibie, le Swaziland et le Zimbabwe, un habitant sur quatre est atteint. Au Botswana, les enfants qui naîtront auront une espérance de vie de 40 ans, alors qu’elle était de 70 ans avant la diffusion du virus.
Une croissance exponentielle au Togo
Dans les zones urbaines du Burundi, les personnes contaminées représentent 20 % de la population et l’espérance de vie a diminué en 10 ans de 53 à 30 ans. Au Togo, l’épidémie est en croissance exponentielle: des 1’710 cas déclarés en 1995, on est passé à 3’458 en 1997. Au Bénin, un million et demi de personnes entre 15 et 49 ans mourront au cours des 30 prochaines années: en 2025, la population ne comptera que 12 millions d’habitants, contre les 15 millions prévus. Il n’y a qu’en Ouganda et au Sénégal que le nombre de malades récemment infectés est en diminution.
Une aide insuffisante
En 1997, les aides extérieures à l’Afrique pour combattre le virus s’élevaient à 150 millions de dollars, l’équivalent du budget d’un petit hôpital européen de province. En 1999, les aides sont passées à 350 millions. .(apic/cip/ua/mjp)



