Agitation condamnée par l’archevêque de Paris

France: Manifestation «antichristianophobie» à Paris

Paris, 30 octobre 2011 (Apic) Quelque 2’000 personnes ont participé le 29 octobre 2011 à Paris à une manifestation «antichristianophobie» organisée par l’Institut intégriste «Civitas» pour protester contre deux spectacles jugés blasphématoires.

«Civitas» a déjà manifesté contre la présentation du spectacle de Romeo Castelluci «Sur le concept du visage du fils de Dieu». Ce spectacle montre sur une immense toile tendue, le visage du Christ qui nous observe. Au pied de cette peinture, une scène terrible se passe. Un vieil homme se trouve là, diminué, impotent. Son fils en costard cravate s’apprête à partir travailler. Le vieillard fait sur lui. Il pleure, murmure «pardon, excuse moi». Son fils le nettoie, change sa couche. La même scène se reproduit plusieurs fois. Le vieillard défèque, il sanglote. Le fils le change, hurle, pleure. Puis le spectacle bascule. C’est le visage du Christ qui est l’objet des regards. Le fils colle sa bouche sur la toile et l’embrasse.

Lors des premières manifestations, la police avait procédé à certaines interpellations, les manifestants devenant menaçants.

Qui a vraiment vu les spectacles?

Les manifestants d’hier, au nombre de 5’000 selon les organisateurs et de 1’500 selon la police, se sont insurgés contre l’exploitation et la ridiculisation de la religion chrétienne. Aux cris de «La France est chrétienne et doit le rester» et «Christ humilié! Défendons notre foi, le Christ est notre Roi», ils répondaient à l’appel de «Civitas», mouvement proche de la Fraternité sacerdotale Pie X. Profitant de faire un amalgame entre le spectacle de Castelluci et celui de Rodrigo Garcia «Golgota Picnic», où le Christ est surnommé «el puto diablo» (le putain de diable) et comparé à un terroriste, où sa plaie ultime de crucifié est fourrée aux billets de banque, «Civitas» a réussi à mobiliser, selon l’AFP, au-delà de son cercle traditionnel.

Mais il était difficile de rencontrer des témoins directs, en particulier parmi les nombreux jeunes, qui ont vu les spectacles de Castelluci et de Garcia. La réponse d’un prêtre en soutane de la Fraternité sacerdotale Pie X est éclairante de l’attitude générale: «Quand je croise une merde de chien dans la rue, je n’ai pas besoin de mettre le pied dedans pour savoir qu’elle est néfaste».

Réaction

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, a condamné samedi lors d’un entretien à Radio Notre-Dame ces agissements d’un «groupuscule qui se réclame de l’Eglise catholique sans aucun mandat» et qui «fait de la foi un argument de violence». (apic/lc/ag/js)

30 octobre 2011 | 16:58
par webmaster@kath.ch
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