Algérie: Insécurité grandissante dans les mosquées lors des prières

Agressions, vols et querelles sont devenus monnaie courante

Alger, 31 octobre 2013 (Apic) Une atmosphère d’insécurité grandissante dans les mosquées, de vol de biens religieux, et d’agressions d’imams créée l’inquiétude en Algérie. Des attaques de malades mentaux qui réussissent à infiltrer les mosquées, des vols de chaussures et d’effets personnels, ou encore de tapis prière, des querelles entre fidèles, sont devenus monnaie courante dans plusieurs mosquées.

La situation est telle qu’une députée du Front de libération national (FNL, au pouvoir), Souad Bouchenafa, est montée au créneau pour interpeller le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, a rapporté le journal maghrébin en ligne, www.magharebia.com.

Dans cette interpellation, Souad Bouchenafa a demandé au ministre des Affaires religieuses, de «réfléchir sérieusement aux mesures susceptibles de garantir la protection des mosquées» qui doivent être protégées de la même manière que n’importe quel autre lieu public. L’Algérie compte 17’000 mosquées.

En réponse, lors d’un débat, le ministre a rejeté l’idée de faire appel à la police pour protéger les mosquées «des comportements violents». Il a souligné que les attaques menées dans ces lieux sont «trop rares» pour nécessiter la présence d’agents de sécurité, chargés de la protection des fidèles. «(…) Les agressions, vols, la présence de personnes mentalement perturbées ou de mendiants sur les lieux de culte ne sont que des cas individuels observés dans tous les lieux publics», a-t-il ajouté, relavant qu’ils n’ont pas atteint «un niveau susceptible d’affecter directement la fonction des mosquées ou leur rôle pédagogique et éducatif». Il a toutefois indiqué que l’Etat assumait «sa mission», en rejetant les attaques dirigées contre la fonction spirituelle des mosquées, en luttant contre «les voix qui font la promotion de la violence et de l’extrémisme».

Pour leur part, les imams ont déploré des menaces croissantes proférées à leur encontre pour diverses raisons, dont les différences idéologiques avec les salafistes. En janvier dernier, ils ont manifesté devant l’administration locale du ministère des Affaires religieuses dans la région de Tiaret pour exprimer leur mécontentement, face à l’agression d’un imam par un jeune salafiste, qui lui avait cassé des dents.

Autres cas d’agressions

D’autres cas d’agressions d’imams ont eu lieu à Ouanougha, dans la province de M’sila où un jeune homme armé d’un couteau a agressé un imam local, au mois de juin.

Durant le Ramadan, un ancien imam de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis de Ksar Bukhari, a été agressé, pris à parti par trois fidèles parce qu’il avait coupé la climatisation.

Dans courant du mois d’octobre à Batna, des agresseurs non-identifiés ont mis le feu au domicile de l’imam de la mosquée Othman Bin Affan. L’incendie a détruit les meubles, les livres et les vêtements de l’imam.

Selon Sheikh Ahmed, imam de la mosquée al-Bashir al-Ibrahimi d’Alger, les conflits surviennent entre les imams et les salafistes qui tentent d’imposer leurs idées aux autres fidèles. Dans certains cas, ils tentent de retourner les fidèles contre leur imam.

(apic/maghararia/ibc/cw)

31 octobre 2013 | 12:38
par webmaster@kath.ch
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