Aidée par des consultants externes
Rome: La «banque du Vatican» poursuit l’analyse des comptes de ses clients
Rome, 22 janvier 2014 (Apic) La «banque du Vatican» poursuit l’analyse des comptes de ses clients, grâce, notamment, à l’aide de consultants externes. L’Institut pour les œuvres de religion (IOR) poursuit ainsi sur plusieurs fronts ses efforts pour améliorer sa transparence et s’aligner sur les standards internationaux. Selon un rapport remis le 22 janvier 2013 par son président, l’Allemand Ernst von Freyberg, au Conseil de supervision de l’institution, plus de la moitié des comptes ont déjà été passés au peigne fin.
Un an après son arrivée à la présidence de l’IOR, Ernst von Freyberg a en effet remis un document faisant le point sur les avancées de son plan pour aligner la «banque du Vatican» sur les standards internationaux de transparence, validé en mai 2013.
Dans sa volonté de rendre plus transparent son fonctionnement, l’IOR a lancé un processus de réforme dans 9 grands domaines, selon un communiqué de l’institution diffusé le 22 janvier. Le travail des consultants du «Promontory Financial Group» a permis des progrès en ce qui concerne l’adoption d’un Manuel sur les procédures de lutte contre le blanchiment d’argent, l’amélioration des systèmes informatiques, la mise à jour des fichiers clients, l’examen juridique des transactions financières de l’institut, le renforcement de la formation des employés, le renforcement du «reporting» pour l’Autorité d’information financière (AIF), le développement des relations avec les banques correspondantes, l’optimisation de la gestion des risques et l’amélioration en matière de transparence.
L’IOR a notamment engagé un examen systématique des archives des clients pour repérer d’éventuelles informations manquantes ou incomplètes. A la fin de l’année 2013, l’IOR avait examiné approximativement 55 % des fichiers de tous ses clients (soit environ 10’000) et pris contact avec tous les sujets pour lesquels les données n’étaient pas complètes. Un contrôle de l’AIF devrait bientôt avoir lieu. Les comptes des clients qui ne correspondront pas aux critères établis par l’IOR seront fermés. Toujours selon le communiqué, les institutions représentent 85 % des clients de la «banque du Vatican».
Détecter les opérations suspectes
Concernant l’examen des transactions, il s’agit d’identifier les opérations «suspectes». Le communiqué mentionne l’enquête interne diligentée sur le cas de Mgr Nunzio Scarano, ancien employé de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (APSA), accusé d’avoir blanchi de l’argent par le biais de comptes à l’IOR, gelés ensuite par le Vatican en juillet 2013.
Selon le communiqué, l’IOR attend toujours que l’Italie valide les normes de lutte contre le blanchiment d’argent promulguées par le Saint-Siège. «L’IOR est prêt à reprendre ses relations avec les institutions financières italiennes», rapporte encore le document, alors que la coopération entre la «banque du Vatican» et la banque d’Italie sont complexes et marquées par des tensions. L’IOR entretient par ailleurs des relations avec 35 banques correspondantes à travers le monde.
Sur l’impulsion de Benoît XVI puis du pape François, l’IOR a entrepris de lutter pour sortir de son image d’institution opaque, développée au fil des nombreux scandales survenus au cours des dernières années. La «banque du Vatican» s’est ainsi soumise aux évaluations européennes de Moneyval, a subi de profondes modifications législatives et s’est offerte les services d’opérateurs externes, tout en communiquant de façon nouvelle sur ces différentes étapes, notamment par l’apparition d’un site internet.
L’annonce de la remise d’un nouveau rapport va dans le sens d’une plus grande transparence des processus mis en place pour la réforme de l’IOR. (apic/imedia/mm/mb/be)



