Albanie: Consécration de la nouvelle cathédrale catholique de Tirana, ancien «pays athée»
Voulue par le pape: signe tangible de la renaissance catholique
Tirana, 27 janvier 2002 (APIC) Dix ans après la chute du régime stalinien en Albanie – qui était proclamée en 1967 le «premier Etat athée du monde» – la nouvelle cathédrale catholique de Tirana a été consacrée samedi. C’est en présence du cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, que s’est déroulée le 26 janvier la cérémonie de dédicace dans la capitale albanaise.
Cette cathédrale est pour le numéro deux du Vatican «le symbole d’un nouveau chapitre de l’histoire nationale», et pour l’archevêque de la capitale albanaise, Mgr Rrok K. Mirdita, «le couronnement d’une décennie de travail pour la reconstruction de l’Eglise en Albanie». Rappelons que cet important édifice religieux a été voulu par le pape Jean Paul II comme signe tangible de la renaissance catholique dans le seul pays de l’Est qui avait interdit complètement la religion et fermé tous les édifices religieux, qu’ils soient musulmans, orthodoxes ou catholiques. Le «Pays des Aigles» compte quelque 650’000 catholiques sur environ 4 millions d’habitants, majoritairement d’obédience musulmane.
L’Albanie, «premier Etat athée du monde»
«La longue nuit de la douloureuse persécution est désormais dépassée et un jour lumineux c’est levé dans ce bel angle de l’Europe où se prépare une ère nouvelle dans la vie de la patrie», a affirmé le cardinal Sodano dans son homélie. Pour lui, cette cathédrale qui doit être «le symbole d’une présence mystique» est aussi le lieu où les Albanais formeront leur communauté, «une communauté de prière et de foi, mais aussi une communauté de solidarité et d’aide mutuelle». «Vous entrez dans cette cathédrale pour aimer Dieu, a-t-il conclu, et vous en sortez pour aimer les hommes. C’est un message de grand actualité que je vous laisse au nom du pape qui m’a envoyé».
Par ailleurs, dans une interview du 26 janvier à l’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, l’archevêque de Tirana, Mgr Rrok K. Mirdita,a souligné que la dédicace solennelle de la cathédrale revêt une triple signification. Elle est tout d’abord le couronnement d’une décennie de travail pour la reconstruction de l’Eglise en Albanie, a-t-il affirmé en remerciant les «Eglises s?urs» – particulièrement l’Eglise catholique italienne – qui ont contribuées au financement de l’édifice.
Dieu «expulsé» d’Albanie pendant un demi siècle
Ensuite, a poursuivi l’archevêque, cet acte permet de renouer symboliquement avec la longue tradition catholique de cette terre qui, après avoir résisté à plus de 500 ans d’occupation turque, «a été interrompue par 50 années de dure dictature communiste». La troisième signification, a affirmé Mgr Rrok K. Mirdita, est la présence de cette cathédrale à Tirana où ont eu lieu les plus terribles persécutions contre les catholiques. «Elle est un signe visible de la présence de ce Dieu qui a été ’expulsé’ pendant un demi siècle et qui appelle notre peuple à se tourner vers lui».
Sur l’importance de la présence de l’Eglise catholique dans le pays, l’archevêque de Tirana a affirmé que durant la première décennie de la fragile démocratie albanaise, dans le flot de tant de changements politiques, sociaux, économiques et pédagogiques, «l’unique élément stable qui est allé de l’avant avec détermination a été l’Eglise catholique (…), dont la présence se fait sentir dans la société albanaise».
Présence politique et ?cuménique
Le président de la République albanaise Rexep Meidani, a participé à la célébration – retransmise en direct par le télévision nationale -, ainsi que le premier ministre Ilir Meta, le président du Parlement et de nombreux représentants du corps diplomatique. Par ailleurs, sont aussi venus l’archevêque orthodoxe Ianullatos – qui était à Assise le 24 janvier – et deux chefs de la communauté islamique du pays. En 1992, le Saint-Siège a établi des relations diplomatiques avec l’Albanie et le 25 avril 1993, Jean Paul II est venu y effectuer une visite. A cette occasion, il avait ordonné quatre évêques, dont Mgr Rrok K. Mirdita. (apic/imedia/be)



