Algérie: Le conseiller fédéral suisse Deiss inaugure le colloque sur saint Augustin à Alger

«Le pluralisme est une chance et une richesse»

Alger, 1er avril 2001 (APIC) Le conseiller fédéral Joseph Deiss, chef du département fédéral des Affaire étrangères en Suisse, a été l’invité du gouvernement algérien lors de l’inauguration du colloque scientifique international «Saint Augustin – africanité et universalité» qui se déroule du 1er au 7 avril. Dans son allocution, prononcée le 1er avril à Alger, il a notamment décrit le pluralisme, qu’il soit algérien ou suisse, comme une chance et une richesse. Deux valeurs qu’a vécue saint Augustin «qui offre à sa patrie terrestre algérienne à la fois un rayonnement et une ouverture sur le monde».

Le premier colloque international sur saint Augustin est organisé par le Haut Conseil islamique à Alger. Il se déroulera d’abord du 1er au 4 avril dans la capitale algérienne et se poursuivra du 5 au 7 avril à Annaba. Une exposition consacrée à la vie et à l’œuvre de saint Augustin se tient à la Bibliothèque nationale à Alger du 1er au 30 avril.

Le conseiller fédéral Joseph Deiss a centré son discours d’inauguration du colloque sur le dialogue entre les civilisations et sur le pluralisme. Pour l’Algérie, estime le chef du département des Affaires étrangères, le dialogue des civilisations passe par un dialogue avec son propre passé, avec la latinité et avec la pensée de saint Augustin. «Ce dialogue, c’est aussi la prise de conscience que la partage de points de vue divers est une richesse, et que cette richesse peut être trouvée à l’intérieur d’un même pays. L’esprit de dialogue des civilisations, c’est l’acceptation du pluralisme comme une chance, et la reconnaissance de la complexité comme une réalité», a lancé Joseph Deiss.

Précarité de l’ordre dans les Territoires palestiniens

Le conseiller fédéral a ensuite rappelé quelques éléments de l’œuvre de saint Augustin, lequel «nous enseigne l’humble sagesse et l’amour libérateur» et «nous a transmis la Charte de la paix». «J’étais dans les Territoires palestiniens occupés il y a quelques jours encore, et j’ai pu voir la précarité d’un ordre qui n’est pas fondé sur le droit et l’équité, qui n’est pas fondé sur le respect de l’homme, de sa vie, de sa dignité fondamentale», a relevé Joseph Deiss, rappelant également : «En Algérie même, aujourd’hui encore, les victimes de la violence la plus barbare n’ont certes pas à subir l’occupation, mais leur sort n’en est pas moins tragique, et il suscite partout horreur et compassion.»

L’orateur a enfin salué le courage de tous les Algériens qui «cherchent à sortir de la violence, en célébrant ici un homme de paix, saint Augustin, et en voulant croire au dialogue des civilisations». Mais sortir de la violence, pour Joseph Deiss, demande «une prudence et une détermination hors du commun, de manière à savoir quand il faut être fort et quand il faut être clément, et quelle place il faut accorder, à quel moment, à la justice et à la vérité pour permettre une réconciliation durable et profonde». (apic/com/bb)

1 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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