Aucune décision définitive ne sera prise pour le moment
Allemagne: Attente anxieuse des évêques sur la question des centres de consultation
Würzburg, 21 juin 1999 (APIC) Le président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Karl Lehmann, réuni avec ses confrères évêques, à Würzburg, a confirmé lundi l’existence de la lettre du pape sur la présence catholique dans les centres pour les femmes enceintes. Mgr Lehmann ne pense cependant pas qu’une décision définitive sera prise prochainement par les évêques allemands.
Le secrétariat de la Conférence des évêques d’Allemagne avait confirmé vendredi dernier à Bonn que le pape a écrit aux évêques allemands au sujet de la présence catholique dans le système étatique de consultation pour les femmes enceintes. Le contenu de la missive papale devrait être communiqué mercredi à Bonn, mais d’ores et déjà la polémique fait rage en Allemagne. Dans les milieux catholiques, on craint une dangereuse épreuve de force.
«Une lettre du pape, signée de sa main, serait en effet un acte définitif», a déclaré lundi matin Mgr Lehmann devant les journalistes qui couvrent la session de deux jours du Conseil des évêques. Mais il y a encore une marge de manœuvre même quand la situation est devenue plus tendue. Interrogé pour savoir s’il comptait sur la sortie de l’Eglise catholique des 218 centres de consultation avec la démission de quelques évêques, le président de la Conférence épiscopale a déclaré qu’il n’allait pas se prononcer maintenant sur ce sujet. «Maintenant nous sommes sur le champ de bataille», a dit textuellement Mgr Lehmann. Ce dernier présentera mercredi à Bonn les résultats des délibérations des évêques lors d’une conférence de presse. Il a laissé entendre qu’une décision ne sera pas prise maintenant à Würzburg, mais éventuellement lors de l’Assemblée générale plénière des évêques allemands lors de leur rencontre d’automne en fin septembre à Fulda.
Mgr Franz Kamphaus, évêque de Limburg, lors de son voyage pour Würzburg n’a pas voulu se prononcer sur les centres de consultation. A la question d’un journaliste: «Est-ce un jour sombre pour vous?», l’évêque de Limburg a répondu: «Je pense simplement qu’on ne doit pas parler ainsi». Mgr Johannes Dyba, archevêque de Fulda, s’est fait représenter au début de la réunion par son évêque auxiliaire Mgr Ludwig Schick. Il s’est rendu de Kiel à Wüzburg lundi après-midi par un hélicoptère affrété par l’armée fédérale.
Trouver une issue éthique, mais qui soit crédible
«Le pape ne va pas nous dicter directement un ordre», souligne encore Mgr Lehmann. L’impression recueillie par les évêques allemands, qui se sont rendus à Rome, peut encore être changée. Elle devrait montrer, s’il existe encore une porte de sortie, que l’on doive tenir compte de l’avis des évêques. On doit trouver un chemin qui respecte l’éthique, mais un chemin qui soit faisable et crédible. Nous voulons certes éviter une dérobade pour nous en sortir. Il se peut que les évêques prennent à nouveau langue avec Rome. Nous devons examiner chaque cas particulier. Mgr Lehmann ne pense pas que la majorité des évêques va prendre un chemin trop divergent de Rome. Mais on devrait laisser à chaque évêque sa propre décision.
Les femmes catholiques se mobilisent
De leur côté La Ligue des femmes catholiques allemande (KDFB) et la Communauté des femmes catholiques d’Allemagne (kfd) pressent les évêques allemands de rester dans le système étatique de consultation pour les femmes enceintes. Dans une lettre ouverte adressée aux évêques publiée lundi à Bad Honnef, les deux mouvements de femmes estiment «qu’en cas de sortie des centres de consultation, l’Eglise catholique perdrait clairement sa crédibilité et déclencherait une grave controverse sur ce sujet. Le rôle de l’Eglise, comme garante de la protection de la vie, est de première importance. Une sortie affaiblirait de façon durable la position de l’Eglise dans cette question controversée, mais aussi dans les domaines de l’euthanasie, du diagnostic pré-natal et de la biotechnique». Les deux associations comptent en Allemagne près d’un million de femmes catholiques. (apic/kna/ba)



