Impact limité sur les attitudes vis-à-vis de la religion

Allemagne: Benoît XVI a un effet limité sur les jeunes Allemands, indique un sondage

Heidelberg, 17 avril 2008 (Apic) L’élection d’un pape allemand il y a trois ans n’a pas réussi à ramener les jeunes de son pays d’origine dans le giron de l’Eglise catholique romaine. Un récent sondage indique également que Benoît XVI a un impact limité sur les attitudes vis-à-vis de la religion chrétienne.

«Pour de nombreux jeunes Allemands, l’Eglise n’est qu’un des nombreux choix qui s’offrent à eux pour trouver un sens à la vie», a expliqué le 10 avril à l’agence de presse catholique allemande KNA Carsten Wippermann, qui a réalisé le sondage pour l’agence Sinus-Sociovision, basée à Heidelberg. «Lorsqu’ils font leur choix, le plus souvent les jeunes étudient très concrètement ce qui va leur apporter des avantages personnels ou ce qui pourrait améliorer leur image aux yeux de leurs contemporains.»

Le sondage a été réalisé auprès de 5’500 jeunes Allemands âgés de 9 à 27 ans pour le compte de la Fédération des jeunes catholiques allemands (BDKJ) et de l’agence catholique de développement Misereor.

Il indique qu’Internet est une source majeure de «partenariat» et de «socialisation» pour les jeunes, mais que leur identité et leurs valeurs ne se reflètent pas dans un intérêt renouvelé pour les Eglises chrétiennes.

Le cardinal allemand Joseph Ratzinger est devenu le pape Benoît XVI en avril 2005, pour succéder au défunt Jean Paul II.

Les catholiques représentent 31,4 % de la population allemande, qui s’élève à 82 millions d’habitants, tandis que l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) rassemble 32,8 % de la population. L’Eglise catholique connaît cependant un déclin du nombre de fidèles et des vocations.

Confrontés aux réalités

Le sondage réalisé auprès des jeunes suggère que la plupart des jeunes Allemands s’intéressent à la spiritualité, mais ne semblent pas s’intéresser aux expériences religieuses offertes par l’Eglise. Les comportements n’ont, dans l’ensemble, pas été affectés, selon le sondage, par la venue du pape à la Journée mondiale de la jeunesse à Cologne en août 2005, ou par le pèlerinage qu’il a effectué dans sa Bavière natale en septembre 2006.

Dirk Tanzler, président de la BDKJ, a commenté sur Internet : «Nous devons prendre conscience des réalités de la vie auxquelles sont confrontés les enfants et les jeunes.» La BDKJ rassemble 650’000 jeunes catholiques romains de 15 organisations et, indique-t-il, «nos organisations de jeunesse ont besoin d’une plus grande liberté dans leurs activités et doivent élaborer leur propre langage et leurs propres méthodes pour permettre aux besoins religieux de la jeunesse de s’exprimer.»

En août 2007, des responsables de l’Eglise ont affirmé qu’un renouveau religieux était en cours en Allemagne. Des statistiques indiquaient que le nombre de catholiques quittant l’Eglise en renonçant à payer l’impôt ecclésiastique avait chuté. Toutefois, les responsables ont également reconnu que le nombre de baptêmes restait bas, un quart des parents catholiques choisissant de ne pas baptiser leurs enfants. Près de la moitié des Allemands disent croire en Dieu, selon un sondage de l’agence Enmid mené après l’élection de Benoît XVI en avril 2005, 25 % de la population se considérant athée et 26 % n’ayant pas souhaité se prononcer. (apic/eni/pr)

17 avril 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!