Allemagne: Des inconnus s’attaquent à la synagogue de Düsseldorf

«Un attentat qui fait resurgir des souvenirs effroyables»

Düsseldorf, 3 octobre 2000 (APIC) Des inconnus se sont attaqués à la synagogue de Düsseldorf dans la nuit du 2 au 3 octobre. Les auteurs de l’attentat ont lancé des briques contre les portes d’entrée vitrées de l’édifice, avant d’y jeter deux cocktails molotov. Les dégâts sont légers, mais l’événement, qui fait resurgir des souvenirs du passé allemand, suscite l’indignation.

Le président du conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne, Manfred Kock, s’est dit consterné par l’événement, qui fait resurgir «des souvenirs effroyables du plus sombre chapitre du passé allemand». Dans une déclaration diffusée mardi, il décrit cet attentat qui aurait pu coûter la vie à des personnes comme un acte profondément grave.

Le président du conseil central des juifs en Allemagne, Paul Spiegel, a qualifié cette attaque «d’attentat anti-sémitique de la plus grave espèce». Il en vient à se demander si les juifs ont eu raison de rebâtir des communautés en Allemagne. «Ces derniers temps, il s’est passé tant de choses que nous sommes très préoccupés sur ce qui va encore nous arriver», affirme Paul Spiegel.

Peu avant minuit, les auteurs de l’attentat ont lancé des briques contre les portes vitrées de l’édifice, sans réussir à les briser, avant de jeter deux cocktails molotov, a indiqué la police. Les bouteilles incendiaires se sont brisées et ont commencé à brûler devant l’entrée du bâtiment. Personne ne se trouvait dans la synagogue à ce moment. Une voisine qui rentrait chez elle a pu éteindre les flammes après avoir enjambé la clôture d’enceinte. L’incendie n’a causé que de légers dégâts matériels, selon la police.

Deux adolescents interpellés

Deux suspects, âgés de 15 et 16 ans, déjà connus des services de police pour plusieurs délits, ont été interpellés mardi en début de matinée. La police recherche, sur la foi de témoignages de passants, quatre hommes dont un âgé d’une trentaine d’années. Une vaste enquête a été lancée dès la nuit, mobilisant jusqu’à cent personnes. La police n’exclue pas un acte d’extrême droite.

La thèse extrémiste avait également été avancée après un attentat à la bombe commis le 27 juillet, à Düsseldorf également, qui avait blessé dix personnes issues de l’ex-URSS dont sept juifs. Mais les motivations de cet acte n’ont jamais été éclaircies. Cet attentat avait provoqué durant l’été une vaste prise de conscience de la présence d’un milieu extrémiste en Allemagne, qui s’est «illustré» par une série d’attaques et d’incidents néo-nazis.

D’autres profanations ont été commises sur des synagogues en Allemagne durant la même nuit. Des inconnus ont peint des croix gammées sur les murs de certains de ces édifices. (apic/com/kna/bb)

3 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!