L’Unesco pourrait retirer sa protection patrimoniale
Allemagne: Des promoteurs risquent de défigurer la cathédrale de Cologne
Bielefeld, le 22 juillet 2004 (Apic) La cathédrale de Cologne, dont les deux flèches dominent cette cité de Rhénanie, a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco. La construction de plusieurs bâtiments très hauts sur l’autre rive du Rhin aurait un impact visuel préjudiciable.
La célèbre cathédrale de Cologne figure dorénavant sur la liste du patrimoine mondial en péril établie par l’Unesco. Selon Francesco Bandarin, directeur du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, dont les propos ont été recueillis par l’agence oecuménique internationale ENI. «La cathédrale de Cologne et son paysage urbain sont les seuls éléments notables du patrimoine culturel de la ville qui aient survécu à la deuxième guerre mondiale.
Les 21 membres du Comité du patrimoine mondial ont placé la cathédrale sur la liste des sites en danger au début juillet, après avoir appris la construction de plusieurs bâtiments très hauts sur l’autre rive du Rhin, en face de la cathédrale. Ces bâtiments, déplorent-ils, pourraient avoir «un impact visuel préjudiciable sur le site».
Appel à l’exécutif de la Ville
«Si l’administration de Cologne ne préserve pas le cadre de la ville, il est possible que le Comité retire Cologne de la liste du patrimoine mondial», a averti Dieter Offenhauser, porte-parole de l’Unesco en Allemagne.
La construction de la cathédrale avait commencé en 1248, mais les travaux de ce qui est considéré comme un chef-d’oeuvre de l’art gothique n’ont été achevés qu’en 1880. Mettre la cathédrale sur la liste du patrimoine en péril permettrait de sensibiliser l’opinion mondiale à la menace qui pèse sur elle. «Ceci exercera des pressions sur ceux qui prennent des décisions», a expliqué Dieter Offenhauser à agence oecuménique ENI, «et de nombreux touristes étrangers viennent à Cologne parce qu’ils connaissent la signification historique de la ville.»
Achim Hermes, porte-parole de l’entreprise qui a va construire l’une des nouvelles tours, estime que l’Unesco exagère le danger. «C’est bien au- dessous de la hauteur de la cathédrale», a-t-il dit. «Tout ce qu’il y aura à faire, c’est se déplacer de quelques pas à droite ou à gauche, et la vue sera parfaite», a-t-il affirmé à la chaîne de télévision «Deutsche Welle». (apic/eni/vb)



