L’ombre des caisses noires

Allemagne: Helmut Kohl ne participera pas au Katholikentag de Hambourg

Hambourg, 27 janvier 2000 (APIC) L’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, éclaboussé par le scandales des caisses noires de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), ne participera pas au grand rassemblement des catholiques allemands, le «Katholikentag», qui se déroulera du 31 mai au 4 juin à Hambourg. Selon les responsables du 94e «Katholikentag», Kohl a fait valoir une surcharge d’agenda, mais d’autres politiciens de la CDU ont été invités comme orateurs.

Helmut Kohl avait été invité personnellement par le président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), le ministre démocrate-chrétien des sciences du Land de Saxe, Hans Joachim Meyer, membre du même parti que l’ex-chancelier aujourd’hui sur la sellette.

Soupçonné de «malversations» par la justice allemande – s’il était reconnu coupable, l’ex-patron de la CDU âgé aujourd’hui de 69 ans risque jusqu’à 5 ans de prison – H. Kohl se refuse toujours à livrer les noms des généreux donateurs qui ont alimenté les «caisses noires» du parti qu’il dirigeait.

Norbert Blüm: on ne peut arguer de sa «parole d’honneur» pour camoufler l’illégalité

Pour cacher l’origine des millions de DM illégaux, l’ancien homme fort de la politique allemande argue de sa «parole d’honneur». Un argument qui fait bondir son camarade de parti Norbert Blüm, actuel vice-président de la CDU. Aussi longtemps que Kohl cache le nom des donateurs, «tout un chacun peut prétendre qu’en politique, il n’y a absolument aucune morale», a-t-il déclaré à l’hebdomadaire allemand «Stern».

Blüm – qui fut pendant 16 ans ministre du travail du gouvernement Kohl – estime que l’ex-chancelier «ruine le mot ’parole d’honneur’ quand il légitime ainsi des violations de la loi». Une telle attitude est inacceptable à ses yeux, car elle permettrait à tout le monde de se soustraire à toute enquête judiciaire sous prétexte de «parole d’honneur». Norbert Blüm garde pourtant sa confiance à la CDU, qui reste pour lui un «bon parti» qui a toujours pu se référer à un système de valeurs, qui trouve son expression dans le nom du parti. Mais pour lui, le «C» du parti ne devrait pas être seulement une pièce de vitrine, «mais un compas pour s’orienter selon des valeurs». (apic/kna/be)

27 janvier 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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