L’organisation faîtière EKD propose des mesures
Allemagne: Inquiétude des paroisses protestantes devant une baisse drastique
Berlin, 7 août 2006 (Apic) Les propositions du Conseil de l’Église évangélique allemande (EKD) pour assurer l’avenir provoquent l’inquiétude des petites communautés, Au cours des vingt dernières années, l’Église évangélique allemande (EKD,a perdu a perdu 3,4 millions de ses membres).
L’Eglise évangélique allemande (Evangelische Kirche in Deutschland (EKD), est une communauté de 23 Églises luthériennes, réformées et unies, qui sont autonomes et régionales. Son siège est à Hanovre. Selon le quotidien catholique La Croix du 6 août, c’est d’abord pour répondre au constat de baisse drastique de ses membres que le Conseil de l’EKD, a publié, le 6 juillet, un texte d’impulsion intitulé Église de la liberté, perspectives de l’Église évangélique au XXIe siècle.
Car si cette tendance se poursuit, le nombre des fidèles des paroisses protestantes en Allemagne s’élèvera à 17 millions en 2030 (contre 25 millions aujourd’hui) et ses ressources auront diminué de moitié. Les réformes proposées par l’EKD visent à contrecarrer cette décroissance, encore aggravée par la baisse démographique que connaît l’Allemagne. «Une réforme active, une restructuration et un nouveau profil du travail de l’Église, permettront une nouvelle croissance», estime l’évêque Wolfgang Huber, président du Conseil de l’EKD.
Menace sur les petites communautés
Mais l’une des principales mesures proposées, à savoir le regroupement et la restructuration des Églises régionales (Landeskirche), provoque une levée de bouclier. À l’horizon 2030, le nombre des Églises régionales serait ramené de 23 à 12, ce qui menacerait bon nombre de petites communautés dont les postes locaux et régionaux, pourraient être supprimés. L’Église réformée allégerait ainsi la ramification de ses structures.
«Un avantage irremplaçable pourtant si l’on veut toucher de près les 80 % de nos concitoyens sans confession», souligne Helge Klassohn, président de l’Église régionale d’Anhalt, dans la région de Dessau de l’ancienne RDA. L’Église d’Anhalt regroupe aujourd’hui 55’000 membres et compte 50 pasteurs et 49 salariés laïcs, dans une région où l’écrasante majorité des habitants s’affiche sans confession. À l’ouest de l’Allemagne, en Basse-Saxe par exemple, dans la région de Bückeburg, les craintes des petites Églises de se voir engloutir par les «grosses» sont identiques, rapporte l’envoyé de La Croix.
Impôt d’Eglise perçu par l’Etat
Les ressources des Églises en Allemagne dépendent directement du nombre de leurs fidèles. En 2004, le budget de fonctionnement de l’EKD s’élevait à environ 10 milliards d’euros, dont 4 milliards provenant de l’impôt religieux perçu par l’État et redistribué ensuite. Cette contribution fiscale décroît à mesure que les fidèles «sortent de l’Église».
Pour l’évêque Huber, il reste possible de faire face à ce processus de baisse. En 2030, le tiers environ des Allemands devrait toujours se reconnaître dans l’Église protestante. Mais le nombre de ceux qui participent aux célébrations et aux services de l’Église, devra avoir doublé. Selon lui, l’Église évangélique doit pour cela s’adapter au changement actuel des mentalités, profiter du regain d’intérêt pour les religions, de la quête des valeurs de référence et de la recherche d’orientations fiables.
L’EKD s’occupe des devoirs communs qui lui sont délégués par les Églises membres. Les collèges constitués et élus démocratiquement sont : le synode, le conseil, et la conférence d’Église. Ils assument la responsabilité des fonctions de l’EKD fixées dans sa Constitution, ou décidées par la base de l’Église. Les affaires du synode, du conseil et de la conférence d’Église sont la tâche de l’organisation de l’EKD (apic/cx/ag/vb)



