Invitation à découvrir le musée Kolumba

Allemagne : L’art religieux dialogue avec le profane à Cologne

Cologne, 28 décembre 2007 (Apic) Inauguré en septembre, le musée Kolumba de l’archevêché rhénan présente des oeuvres d’art religieux mêlées à des créations contemporaines, dans un bâtiment ultramoderne.

La première salle du musée Kolumba, présentant les collections d’art religieux de l’archevêché de Cologne, donne le ton: l’art religieux traditionnel se mélange avec l’art profane. Sur les tapisseries de l’artiste chilien Eduardo Chilida («Gravitations. Hommage à saint Jean de la Croix» (1993), des croix blanches sur fond noir côtoient dans la même pièce, une Vierge romane du Xe siècle.

Les époques et les artistes se mêlent. Ainsi, non loin de reliquaires du XIIe siècle, un tronc de sapin posé sur une boîte de bois interpelle le visiteur. Il s’agit d’une installation du sculpteur allemand Joseph Beuys (« Sans titre », 1971). Les anciennes bannières de procession du XIXe siècle, d’un rose vif, voisinent avec un lot d’ex-voto noirs et blancs, accrochés sur un pan de mur comme des photos.

Marier les créations contemporaines à l’art religieux classique, c’était le souhait de l’archevêché de Cologne et de Joachim Plotzek, conservateur du musée Kolumba. « Nous nous opposons à un classement par époques », a déclaré Joachim Plotzek lors de l’inauguration, citée par le quotidien catholique français « La Croix ».

Fondé en 1853, le musée de l’archevêché – renfermant une collection d’objets religieux – avait déménagé à plusieurs reprises. Jusqu’en avril dernier, il était situé sur le Roncalliplatz, en face du « Dom » (la cathédrale). Mais le bâtiment était devenu trop exigu pour montrer toute la richesse de la collection. Un nouveau site a été acheté par le diocèse dans les années 1990, à quelques rues de là.

Après cinq ans de travaux, le nouveau musée a ouvert sur les ruines de l’ancienne église Sainte-Colombe, donnant ainsi son nom au nouveau musée : Kolumba. C’est l’architecte suisse Peter Zumthor qui a été sélectionné parmi plus de 160 projets, pour ériger le bâtiment. Avec une contrainte, et non des moindres : conserver les ruines de l’église, la nouvelle chapelle et les fouilles archéologiques.

Fouilles archéologiques

L’église Sainte-Colombe, du Xe siècle avait été détruite durant la Seconde Guerre mondiale. Seuls quelques pans de murs subsistaient, ainsi qu’un pilier et une statue de la Vierge miraculeusement épargnée par les bombardements.

La « chapelle de la Vierge parmi les décombres » a été construite autour de ce pilier dans les années 1950. Quant aux fouilles archéologiques menées de 1973 à 1976, elles ont montré l’existence d’un bâtiment chrétien de l’époque romaine.

Pour ce musée, Peter Zumthor a conservé le plan de l’église, mais les salles du musée (1’600m2 d’exposition au total) n’ont rien à voir avec de classiques transept, choeur ou chapelle. Ce nouveau bâtiment a été érigé pour présenter une collection d’une façon nouvelle. Inutile, par exemple, de chercher les vitrines ni même les petits cartons explicatifs près des oeuvres : le visiteur se reportera au livret fourni à l’entrée.

Déambuler parmi les dix-sept salles du musée, toutes différentes par la taille et l’éclairage, invite ainsi à méditer, écrit Valerie-Anne Maître pour « La Croix ». Le visiteur, dit-elle, découvre lentement, prenant le temps de réfléchir au dialogue qui naît de cette juxtaposition d’oeuvres religieuses et profanes. « Un voisinage que le visiteur n’aura pas manqué de remarquer lors de sa visite de la cathédrale, à deux pas du musée ». Elle s’orne en effet depuis l’automne dernier d’un nouveau vitrail, « 4 096 couleurs », créé par l’artiste allemand Gerhard Richter. Des milliers de petits carreaux de mosaïques colorées qui côtoient les vitraux figuratifs du XIXe siècle.

Musée d’art de l’archevêché, 4 rue Kolumba, Cologne. Site : www.kolumba.de. Ouvert tous les jours de 12h à 17h, sauf le mardi. (apic/cx/vam/pr)

28 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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