Confirmation dans les deux pays
Allemagne: L’Eglise catholique d’Allemande et d’Autriche a employé des travailleurs forcés
Berlin, 13 août 2000 (APIC) L’Eglise catholique allemande a formellement établi qu’elle avait employé des travailleurs forcés pendant le IIIème Reich, a indiqué le porte-parole de la Conférence épiscopale, Rudolf Hammerschmidt, au journal «Welt am Sonntag» dans son édition de dimanche.
Un groupe de travail, chargé d’étudier l’implication de l’Eglise catholique dans l’exploitation de ces personnes, a trouvé que les travailleurs forcés avaient été utilisés dans les champs, les vignes et les hôpitaux des diocèses, a-t-il confirmé. «Nous pensons pouvoir réunir la documentation pour établir entre trente et quarante cas d’ici la réunion de la conférence épiscopale le 28 août».
L’Eglise catholique ne va pas pour autant participer au fonds de 10 milliards de marks (5,2 milliards euros) financé par l’Etat et les entreprises allemands pour indemniser les travailleurs forcés survivants, souligne le «Welt am Sonntag». «Ce fonds est de la responsabilité de l’industrie et des entreprises. Nous réfléchissons à notre propre voie, qui pourrait passer par une aide aux pays d’Europe de l’Est», a indiqué le porte-parole de l’évêché du Limbourg, Michael Wittekind. Une décision dans ce sens devrait intervenir lors de la session du 28 août.
L’Eglise protestante d’Allemagne a de son côté explicitement reconnu, à la mi-juillet, sa responsabilité dans l’emploi de travailleurs forcés et décidé de verser 5 millions d’euros au fonds d’indemnisation. Le groupe de travail de l’Eglise catholique s’est entre autres appuyé sur les archives de l’Eglise protestante et de la SS, l’ensemble des archives des diocèses catholiques ayant été détruites pendant la guerre.
Par ailleurs, l’Eglise catholique autrichienne a également reconnu samedi avoir utilisé des travailleurs forcés pendant la seconde guerre mondiale.
Selon des archives n’appartenant pas à l’Eglise, au moins 77 personnes ont été contraintes au travail forcé par l’Eglise catholique entre juin 1941 et mai 1945 dans le diocèse de Gurk, à 50 km au nord de Klagenfurt, capitale de la province de Carinthie, au sud du pays.
Procédure lancée
Selon ces documents, découverts par le responsable des archives du diocèse de Gurk, Peter Tropper, il s’agit de quatre Italiens, douze Croates, treize Slovènes, vingt trois Polonais et vingt cinq Russes. L’évêque de Carinthie Egon Kapellari a annoncé son intention de lancer une procédure d’indemnisation de ces anciens travailleurs forcés exploités dans l’agriculture. Il a décidé d’engager une commission d’historiens indépendants pour faire la lumière sur le passé de son diocèse.
La semaine dernière, un historien, Maximilian Liebmann, avait révélé qu’un Ukrainien avait été utilisé comme travailleur forcé pendant la période nazie dans le château de Seggau, à 40 km au sud de Graz en Styrie, et qui appartient à l’Eglise. Le cardinal autrichien Christoph Schoenborn a engagé deux historiens pour vérifier si le diocèse de Vienne avait également profité du travail forcé. Les ordres autrichiens ont récemment décidé de mettre en place une commission d’historiens chargée d’enquêter sur le travail forcé au sein de l’Eglise autrichienne pendant le nazisme. (apic/agaf/pr)



