Allemagne: L’évêque Marx dénonce la «cupidité capitaliste» des cadres supérieurs
En Suisse, être patron peut aussi rapporter gros
Trèves, 3 octobre 2006 (Apic) Un évêque catholique romain a dénoncé les hausses salariales des cadres supérieurs, qui atteignent parfois 30%, alors que les entreprises sont en faillite et réduisent leurs effectifs.
Mgr Reinhard Marx, évêque de Trèves et président de la Commission épiscopale pour les questions sociétales et sociales en Allemagne, a confié au journal local «Trierischer Volksfreund» que ces augmentations de salaire étaient «insolentes».
«Nous nous éloignons de plus en plus d’une économie sociale de marché pour aller vers un capitalisme où seuls les rendements comptent et où il n’y a que ceux qui n’ont que le rendement du capital en tête qui sont rétribués,» a déclaré l’évêque au journal à son retour de l’Assemblée générale de la Conférence épiscopale d’Allemagne à Fulda.
«Les autres objectifs des entreprises, comme créer des emplois, ne sont plus pris en compte. C’est une erreur. Il s’agit là de capitalisme pur sans responsabilité sociale : on pourrait même donner raison à l’autre Marx de Trèves. Et je trouverais cela terrible,» a dit l’évêque, évoquant son homonyme – sans lien de parenté -, le philosophe et économiste Karl Marx, né à Trèves en 1818 et dont les idées ont entraîné l’émergence du communisme au XXe siècle.
En Suisse aussi
Il n’y a pas qu’en Allemagne où les cadres sont «bien payés». En Suisse, révèle mardi une étude de l’Université de St-Gall, un grand patron sur cinq encaisse un salaire annuel d’un million de francs. En général, les montants sont fixés par les cadres et les conseils d’administration eux-mêmes, rarement par des organes indépendants.
L’étude a interrogé les patrons des 500 plus grandes entreprises des secteurs de l’industrie, du commerce et des services, sauf les banques et les assurances. 38% d’entres elles sont cotées en bourse.
A l’exception de quelques grands dirigeants affichant des salaires de plusieurs millions de francs, un chef d’entreprise suisse gagne en moyenne 657’000 francs par année, indique une étude de l’Université de St-Gall et du cabinet d’audit KPMG publiée mardi. Le salaire mensuel se monte à 50’000 francs.
Deux tiers des patrons reçoivent entre 200’000 et 600’000 francs par an. Quelque 20% des ’’top managers’’ gagnent plus de 1,2 million. Sur la base des sociétés sondées, la rémunération la plus élevée est de 21,5 millions de francs pour un chef d’entreprise et de 100’000 à 300’000 francs pour un président de conseil d’administration. (apic/eni/ag/pr)



