L’évêque catholique de Würzburg optimiste

Allemagne: La déclaration sur la justification par la foi signée encore cette année?

Münsterschwarzach/Augsbourg, 22 mars 1999 (APIC) La déclaration commune des catholiques et des luthériens sur la justification par la foi sera, selon Mgr Paul-Werner Scheele, évêque catholique de Würzburg, signé encore cette année. La signature officielle sera probablement apposée dans un document à Augsbourg, une ville qui joua un grand rôle dans l’histoire de la Réforme protestante en Allemagne.

Mgr Scheele, président de la commission œcuménique de la Conférence épiscopale allemande a fait cette déclaration samedi à Münsterschwarzarch devant le comité des catholiques de Bavière.

L’évêque de Würzburg estime que l’Eglise évangélique luthérienne de Bavière s’est engagée dans ce sens. Elle se trouve particulièrement qualifiée pour accepter cette déclaration significative. Le texte en effet n’est pas un vaste document sur l’unité des chrétiens, mais il apporte un «morceau de choix» à la cause de l’unité. Ce document doit permettre d’activer la circulation sanguine de la vie chrétienne. Dans le cas contraire, la déclaration n’apportera pas l’effet escompté.

La doctrine de Luther

La justification par la foi seule (sola fide) et non par les œuvres et les mérites personnels du croyant est l’un des grands principes de la doctrine du réformateur Martin Luther (1483-1546): L’homme radicalement corrompu par le péché originel n’a aucune part à son salut; celui-ci est exclusivement le fait de l’amour de Dieu, qui accorde la grâce de la foi gratuitement. Le problème soulevé par Luther, au temps de la Réforme, peut donc se résumer à cette question. Qui justifie l’homme? Ses œuvres ou la miséricorde de Dieu? Celui qui gagne le paradis (être justifiéé, c’est pouvoir être reconnu, se tenir en droiture sous le regard de Dieu), ce serait, selon Luther, la foi seule, la confiance dans la grâce, à l’exclusion des œuvres et des mérites que nous faisons ou gagnons. Au moment de la polémique, les oeuvres n’étaient bien souvent, aux yeux du réformateur, pas tant l’existence chrétienne, mais bien plutôt, selon lui, des pratiques presque magiques d’une piété populaire déviée.

Très longtemps, la polémique s’est nourrie entre théologiens catholiques et protestants sur les différences des deux conceptions de la justification chrétienne. Depuis que s’est instauré un véritable dialogue œcuménique, les conceptions protestante et catholique se sont considérablement rapprochées.

Un consensus en vue

Ce qui faisait dire au cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, en octobre 96 déjà, qu’un consensus entre catholiques et luthériens était enfin en vue sur ce point, après 25 ans de dialogue. Cependant, en novembr 1998, la Fédération luthérienne mondiale (FLM) estimait que de nouvelles consultations devaient encore avoir lieu avec le Vatican avant que les luthériens ne signent une déclaration préparée par les représentants des deux communions. (apic/kna/eni/ba)

22 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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