Les politiciens de l’Union s’agitent, audience chez Ratzinger

Allemagne: La présence de l’Eglise dans les centres de consultation divise les esprits

Bonn, 8 mars 1999 (APIC) La présence de l’Eglise catholique dans les centres de consultation pour femmes enceintes en difficultés continue de diviser profondément les esprits en Allemagne. De hauts responsables démocrates-chrétiens des partis de l’Union (CDU/CSU) ont été reçus lundi en audience au Vatican, où ils devaient plaider le maintien dans un système que d’aucuns à Rome accusent d’être un blanc-seing pour l’avortement. Le cardinal Friedrich Wetter, estime pour sa part qu’une sortie des centres de consultation conduirait à davantage d’avortements, ce qui serait irresponsable.

Le cardinal Wetter déplore que le débat sur les centres de consultation prenne de plus en plus les traits d’une «guerre de religion». Pour cet influent cardinal, en l’occurrence, «il n’y a pas de voie royale». Et l’archevêque de Munich de souligner que les évêques ne devraient pas seulement former une unité entre eux, mais également avec le pape.

Une guerre de religion

Dispute également au Comité central des catholiques allemands (ZdK). Dans une interview au magazine d’information «Der Spiegel», Annette Schavan, vice-présidente de la puissante organisation faîtière catholique, demande aux évêques allemands de faire montre de davantage d’indépendance vis-à-vis du Vatican. Annette Schavan insiste: l’Eglise allemande doit prendre ses responsabilités et ne pas écouter Rome.

A. Schavan, ministre des Affaires culturelles du Land de Bade-Wurtemberg, affirme que si le pape venait à exiger la sortie du système étatique de consultation contre l’avis de la Conférence des évêques allemands, ce serait un «lourd fardeau» à porter pour les catholiques allemands. La ministre démocrate-chrétienne lance un appel à la curie romaine afin qu’elle prenne également au sérieux le sens des responsabilités des conseillères des centres de consultation. «Elles aussi ont une conscience, pas seulement le pape et les évêques», lance-t-elle.

La position tranchée de la ministre du Bade-Wurtemberg suscite l’ire d’un ancien membre du Comité central du ZdK, le comte Maximilien von Spee. Ce dernier considère que les déclarations de la vice-présidente du ZdK sont incompatibles avec la propre identité d’une organisation catholique. De hauts responsables de la fraction CDU/CSU au parlement de Bonn se sont rendus lundi à Rome, vraisemblablement pour défendre un point de vue favorable au maintien de l’Eglise catholique dans les centres de consultation. Rien n’a filtré pour l’instant de ces entretiens.

Sous la direction de Hermann Kues (CDU), vice-président de la fraction de l’Union, la délégation a rencontré le cardinal allemand Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation romaine pour la doctrine de la foi. Elle souhaitait également s’entretenir avec le numéro deux du Vatican, le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano. Hermann Kues avait pris au préalable contact à ce propos avec le nonce apostolique en Allemagne, Mgr Giovanni Lajolo. (apic/kna/be)

8 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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