Religion contre éthique
Allemagne: La querelle autour de l’enseignement de la religion s’envenime
Berlin, 14 avril 2009 (Apic) A deux semaines du référendum de la votation populaire «Pro Reli» à Berlin, le conflit sur l’enseignement de la religion dans la capitale allemande s’envenime. La politicienne de gauche Petra Pau a lancé une «croisade» contre les catholiques le week-end pascal. Les représentants de l’Eglises donneraient, selon elle, l’impression d’être «sur un champ de bataille».
De son côté, le président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Robert Zollitsch, a exprimé le souci que le sénat berlinois prescrive, en fonction de la majorité politique, ce qui est éthique.
Petra Pau, qui est également vice-présidente du Bundestag, a reproché à l’Eglise «d’attaquer au lieu d’expliquer». Pour elle, l’initiative «Pro Reli», qui vise à introduire dans les écoles de Berlin une option obligatoire de l’enseignement de la religion, «attaque et envenime le climat». Avec la votation populaire du 26 avril, il ne s’agit pas d’une «nouvelle édition des Croisades», a-t-elle affirmé.
«Pas de vraie liberté de choix»
Mgr Zollitsch a clairement critiqué le modèle berlinois de l’enseignement de l’éthique sur les ondes de Deutschlandradio Kultur. Le concept actuel ne laisserait aucune véritable liberté de choix aux élèves. Les parents devraient cependant pouvoir choisir si leur enfant doit suivre un enseignement de religion ou d’éthique.
Le 26 avril, dans la capitale allemande quelque 2,4 millions de citoyens sont appelés à se prononcer sur la question de savoir si l’enseignement de la religion comme branche facultative doit devenir une alternative à l’enseignement obligatoire de l’éthique.
Avant cette échéance, le SPD et les partis de gauche sont présents dans le paysage urbain avec plus de 28’000 affiches de différentes grandeurs, et les défenseurs de «Pro Reli» avec 500 grandes affiches. Selon la presse, 114’800 électeurs ont jusqu’ici demandé les documents pour le vote par correspondance. Pour que les deux branches d’enseignement acquièrent le même statut, il faudrait l’accord d’environ 610’000 Berlinois ayant le droit de vote.
Refus de la publicité idéologique
Les entreprises de transports publics berlinoises (BVG) veulent à l’avenir empêcher toute publicité religieuse ou idéologique sur leurs véhicules et dans les gares. C’est une décision du comité des transports publics, comme l’a confirmé au «Berliner Morgenpost» du 11 avril Klaus Wazlak, porte-parole des BVG. En arrière-fond de cette décision, il y aurait les querelles persistantes autour des campagnes publicitaires relatives à la votation populaire sur l’enseignement de la religion. Les BVG a demandé à l’entreprise chargée de la commercialisation des espaces publicitaires de refuser à l’avenir les mandats liés à toute idéologie et de supprimer les publicités qui ont encore cours. (apic/kna/ak/js)



