En refusant aux enfants de participer aux prières interreligieuses
Allemagne: Le cardinal Joachim Meisner provoque une tempête
Berlin, 10 décembre 2006 (Apic) Le cardinal-archevêque de Cologne (ouest de l’Allemagne), Joachim Meisner, a provoqué une tempête en Allemagne en exigeant que les élèves catholiques ne participent plus à des célébrations religieuses en commun avec des enfants d’autres religions.
Dans une directive pour les théologiens chargés de l’enseignement religieux ou de la catéchèse, rendue publique cette semaine, et citée par l’Agence France presse, il a fait valoir que la foi des enfants n’était pas suffisamment développée et qu’ils manquaient de la capacité de «différenciation» nécessaire pour comprendre les fêtes interreligieuses. Il a demandé de faire en sorte que les élèves catholiques ne prient plus ensemble avec les élèves musulmans ou juifs.
La déclaration a suscité une levée de boucliers. Le Conseil central des musulmans d’Allemagne a demandé à la conférence des évêques une prise de position claire. Selon son porte-parole, Mounir Azzaoui, elle doit dire dans quelle mesure l’interdiction est en contradiction avec des directives que la conférence épiscopale a édictées elle-même sur les fêtes multireligieuses.
Le ministre de l’Intégration conservateur du Land de Rhénanie du nord-Westphalie, Armin Laschet, a fustigé dans le quotidien «Die Welt» l’attitude du cardinal: «Je crois que notre époque a besoin non pas de moins mais de davantage de démarches communes entre les religions». Il s’est référé à la récente visite du pape à Istanbul, affirmant avoir été très impressionné par la prière de Benoît XVI dans la grande mosquée.
Une association nationale de parents d’élèves, «Aktion humane Schule», a jugé antichrétienne et contraire aux efforts d’intégration la directive du prélat rhénan, appelant les enseignants à l’ignorer: Dans les colonnes du quotidien populaire «Bild» de vendredi, le cardinal s’est justifié: il faut faire la différence, a-t-il dit, entre les adultes capables d’assister silencieusement à la prière de fidèles d’une autre religion et les enfants «qui ont un droit à pouvoir faire l’apprentissage de leur foi sans mélange».
Selon l’Agence France presse, le cardinal Meisner se voit reprocher d’avoir introduit le réseau conservateur de l’Opus Dei dans les rouages de son archevêché, au grand dam du clergé libéral du diocèse, qui serait désormais sur la touche, selon l’hebdomadaire «Der Spiegel». (apic/ag/pr)



