Le moraliste catholique publie son autobiographie

Allemagne : le Père Häring fête cette année ses 85 ans

Bonn, 5 août 1997 (APIC) Le Père Bernard Häring, religieux rédemptoriste allemand et éminent spécialiste de la théologie morale, fêtera le 10 novembre ses 85 ans. A l’approche de cet anniversaire, il a écrit son autobiographie. L’ouvrage vient de paraître en allemand sous un titre qui résume en deux mots l’attitude fondamentale que le théologien estime avoir reçu de l’Eglise : «Confiant et libre» .

Né le 10 novembre 1912 en Bavière, Bernard Häring entra chez les Rédemptoristes et fut ordonné prêtre en 1939. Pendant trente ans, il enseigna la théologie morale à l’Université St-Alphonse dirigée par les Rédemptoristes à Rome, où il a formé environ 3000 étudiants. Mais son auditoire s’est rapidement élargi, par les cours donnés dans des Universités africaines et par ses écrits, qui lui ont valu une réputation internationale.

Devenu professeur de théologie à une époque qui insistait beaucoup sur la morale du «devoir», le Père Häring a consacré une grande partie de son enseignement à recentrer la morale chrétienne sur l’Evangile. La morale évangélique, a-t-il souvent répété, ne consiste pas à accumuler les efforts ou les performances pour être jugé «méritant», mais à vivre avant tout dans l’amour reçu par pure grâce et à aimer jusqu’au bout à la suite du Christ. Telle est «La Loi du Christ», selon le titre donné à l’ouvrage fondamental que le moraliste allemand publia dès 1954 et qui restera pendant plusieurs années, et en diverses langues, un livre de référence.

La réflexion menée par le religieux rédemptoriste sur le coeur de la morale chrétienne a fortifié sa liberté de théologien et sa détermination de chrétien engagé dans la société. Ce qui l’a conduit à plusieurs prises de position en faveur de la paix et de la non-violence. Ainsi, au moment où se discutait l’accueil de nouveaux missiles nucléaires sur le territoire européen, il a consacré en 1983 un livre à l’engagement des chrétiens pour la paix. De même, à l’annonce du Synode des évêques pour l’Afrique en 1992, il a attiré par un nouveau livre l’attention sur le respect de la culture propre des jeunes Eglises.

En janvier 1989, le Père Häring avait signé, avec 160 autres théologiens germanophones, la «Déclaration de Cologne» qui mettait en cause la «mise sous tutelle» de l’Eglise catholique par la Curie romaine et qui plaidait «pour une catholicité ouverte».

En 1992, dans un discours prononcé à Munich l’occasion de ses 80 ans, le Père Häring est revenu sur ces questions, dénonçant de la part du Vatican une «incapacité au dialogue», une tendance excessive à la «centralisation» et un intérêt trop peu soutenu pour l’oecuménisme. Il reprochait également à la Curie romaine une «tendance restauratrice», qui se manifestait à ses yeux de façon typique dans «le refus de revenir sur des déclarations qui ne sont pas toujours infaillibles».

Guéri depuis peu d’une grave maladie, le Père Häring a voulu, pour ses 85 ans, retracer l’itinéraire de sa vie. Le titre du livre exprime, dit-il, «ce qu’il a trouvé dans la foi et dans l’Eglise» : «Geborgen und frei» (»Confiant et libre»). Le premier mot allemand, difficile à rendre, évoque l’assurance de celui qui se sait protégé ou en lieu sûr, tel l’enfant qui s’endort en toute confiance sur les genoux de la maman dont il se sait aimé. «Dans la foi ecclésiale, explique B. Häring, j’ai trouvé une assurance qui m’a toujours porté et une liberté que nul ne saurait me ravir, car la confiance et la liberté vont de pair dans l’amour plein de bonté que le théologien moraliste doit toujours avoir sous les yeux.» (apic/cip/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!