Article vestimentaire, symbole religieux ou refus de s’intégrer?

Allemagne: Le port du voile islamique dans les écoles publiques devant la cour suprême

Bonn, 5 mai 2003 (Apic) Après la France, et la Suisse, notamment, l’Allemagne est elle aussi dans la tourmente du débat sur le port du voile islamique. Une enseignante musulmane naturalisée allemande, à qui un poste a été refusé dans une école publique en 1998 à cause du port du voile islamique a saisit la cour suprême allemande. Un cas qui n’est toutefois, pas isolé.

Ferestha Ludin estime que son action en justice, est simplement l’expression de son droit à la liberté religieuse.

Selon cette enseignante d’origine afghane, qui travaille en ce moment dans une école islamique privée près de Berlin, l’Etat met sur une même balance le voile islamique et des choses dont elle s’est distancée durant ses années d’études.

Pour elle, la constitution garantie sa liberté religieuse et un accès inconditionnel dans la fonction publique.

Cet avis n’est en tout pas celui du gouvernement de Baden-Wuettemberg qui lui a refusé ce poste. Pour les autorités de cette contrée du sud de l’Allemagne, le voile islamique viole le droit des enfants à une éducation religieuse neutre.

Annette Schaven, ministre de l’Education, argue quant à elle que le voile est politique et compris comme un symbole de l’exclusion culturelle et civile de la femme de la société.

Précédents

Le cas de Ferestha Ludin n’est pas isolé. En effet, de plus en plus de femmes se voient refuser des postes dans des écoles allemandes à cause du port du voile islamique.

En Octobre 2002, une cour fédérale du travail a constaté qu’une femme turque avait été illégalement renvoyée d’un grand magasin pour avoir porté le voile.

Ceux qui soutiennent le point de vue du gouvernement évoquent la liberté religieuse pour tous et le droit des enfants de recevoir une éducation religieuse neutre. Ils se réfèrent par ailleurs à la décision d’une autre cour fédérale en 1999, d’ordonner qu’un crucifix soit enlevé du mur d’une salle de classe en Bavière.

Il revient donc à la cour, estime pour sa part le juge de la cour constitutionnelle de Karlsruhe, de dire si le voile islamique est juste un article vestimentaire, un symbole religieux ou un refus de s’intégrer.(apic/cns/jv)

5 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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