La Charte oecuménique doit passer à l’étape de l’application

Allemagne: Les délégués des Eglises européennes de 26 pays se sont réunis à Ottmaring

Ottmaring, 13 septembre 2002 (APIC) Les représentants d’Eglises membres de la Conférence des Eglises européennes (KEK) et des délégués du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) de 26 pays se sont réunis à Ottmaring en Allemagne du 7 au 10 septembre. Ils ont poursuivi la réflexion en vue de concrétiser les appels de la Charta Oecumenica et ont demandé à leurs pays de vivre au concret le dialogue oecuménique.

Dans un communiqué diffusé le 13 septembre, les participants à la rencontre d’Ottmaring ont rappelé que le 22 avril 2001 à Strasbourg, les Eglises d’Europe ont «lancé leur appel à s’unir dans la foi et à s’engager dans une proclamation commune de l’Evangile de Jésus-Christ».

«Cet engagement consistait à agir, prier et poursuivre ensemble le dialogue afin de participer à la construction d’une Europe juste, réconciliant les peuples et les cultures, sauvegardant la création, renforçant les liens avec le Judaïsme, développant les relations avec l’Islam et accueillant avec bienveillance les rencontres avec d’autres religions et visions du monde», souligne le communiqué.

Les participants à la conférence d’Ottmaring soumettent quelques points d’attention à leurs Eglises. Ils les exhortent notamment à utiliser la Charta Oecumenica comme base pour la poursuite et l’élargissement du dialogue théologique, notamment en ce qui concerne la nature et la mission de l’Eglise ainsi que le sacrement de l’Eucharistie. Ils souhaitent que leur exemple de communion puisse influencer les «régions troublées d’Europe, du Moyen-Orient et d’ailleurs».

Concernant leurs propres pays, les délégués de la KEK et du CCEE soutiennent que de nombreuses régions sont «encore au début du processus de réception». Ils leur demandent «d’utiliser plus que jamais la Charta comme un instrument affûté pour répondre aux besoins de contextes particuliers», tout en «tenant compte des sensibilités théologiques, culturelles et historiques de nos Eglises et pays respectifs».

Pour le débat critique et le dialogue

«Dans de nombreuses régions d’Europe, soulignent les participants, la Charta est l’un des rares documents discutés par les Eglises». Ils souhaitent que le document soit utilisé «comme centre d’attention pour un débat critique et comme tremplin vers de nouvelles étapes de dialogue». Face à la distance prise par certaines Eglises, les délégués soulignent qu’ils ne considèrent pas la charte comme «l’étape ultime» de notre voyage oecuménique, mais comme un pas important fait dans la bonne direction».

Les participants à la rencontre d’Ottmaring invitent les Eglises, et en particulier celles d’Orient, à «identifier leurs rajouts à la Charta et les exemples concrets de sa mise en oeuvre émergeant de leur propre contexte, à en débattre avec d’autres Eglises et à les soumettre à la KEK et au CCEE pour étude».

Traduite en 24 langues, la Charte oecuménique européenne (Charta Oecumenica) a été reçue de diverses manières d’un pays à l’autre et d’une Eglise à l’autre. «Aucun autre document oecuménique n’a suscité autant d’intérêt et un débat aussi animé», estime Mgr Aldo Giordano, secrétaire général du CCEE. Secrétaire général de la KEK, le pasteur Keith Clements, considère pour sa part que la «Charta Oecumenica» a manifestement donné une nouvelle impulsion au dialogue oecuménique et à l’engagement mutuel des Eglises européennes. (apic/com/bb)

13 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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