Allemagne: Les démocrates-chrétiens ne plus les seuls alliés de l’Eglise
La CDU n’est pas fidèle au «c» de son nom, dit le cardinal Meisner
Coblence, 8 novembre 2000 (APIC) Les démocrates-chrétiens de la CDU ne sont plus les seuls alliés politiques de l’Eglise catholique en Allemagne, estime le cardinal Joachim Meisner. L’Eglise doit désormais se chercher à chaque fois de nouveaux partenaires en dehors de ses traditionnels alliés pour former une coalition et trouver des appuis pour le bien commun. L’archevêque de Cologne a insisté pour que les démocrates-chrétiens allemands mettent du contenu dans le «c» apparaissant dans le nom de leur parti.
«Nous ne devons nous rendre dépendants de personne» et l’Eglise ne doit pas se laisser prendre par des privilèges, a-t-il déclaré dans une interview au journal «Rhein-Zeitung» publié à Coblence. L’archevêque de Cologne a estimé que si la CDU ne prenait pas au sérieux le «c» contenu dans son nom, il serait plus honnête que le parti se cherche une autre dénomination.
Sévères critiques envers «Donum vitae»
Le cardinal Meisner a adressé de sévères critiques envers «Donum vitae», l’organisation fondée par les laïcs allemands pour poursuivre la présence catholique dans le système étatique de consultation pour les femmes en difficulté désirant avorter. Sous la pression de Rome, les évêchés ont dû organiser la sortie de leurs centres de conseil du système étatique, car celui prévoit l’établissement d’un certificat de consultation. C’est ce certificat qui fait problème aux yeux des instances romaines, car il permet ensuite une interruption volontaire de grossesse dépénalisée.
De nombreuses personnalités démocrates-chrétiennes allemandes soutiennent l’initiative «Donum vitae» (don de la vie), une association de droit civil mis sur pied par des laïcs catholiques en dehors des évêques, mais le cardinal Meisner affirme qu’ils désobéissent ainsi à l’Eglise. Il a exprimé la crainte qu’une telle attitude amène une division de l’Eglise. «Celui qui est pour ’Donum vitae’ est en état de désobéissance et ne suit pas une directive formelle du magistère de l’Eglise», déclare l’archevêque de Cologne. (apic/kna/be)



