Longtemps enviée, l’Eglise allemande face à la crise financière

Allemagne: Les diocèses forcés à une cure d’amaigrissement

Bonn, 26 juin 2003 (Apic) Longtemps enviée pour ses importantes ressources financières, l’Eglise catholique en Allemagne n’est pas épargnée par la crise. Malgré 4,3 milliards d’euros encaissés en 2002, ses diocèses sont contraints à une cure d’amaigrissement drastique en raison de rentrées fiscales en diminution. Un état de fait dû notamment au chômage élevé, aux sorties d’Eglise et au vieillissement des fidèles.

Les projets du gouvernement fédéral d’avancer à 2004 la prochaine étape de la réforme fiscale devraient également conduire à d’énormes déficits budgétaires pour les Eglises. Mercredi 25 juin, l’archidiocèse de Cologne, le plus puissant d’Allemagne au plan financier, a annoncé des coupes sombres: les places vacantes ne seront plus occupées, les coûts de fonctionnement devront être abaissés, a annoncé le directeur des finances Hermann Josef Schon. Il n’exclut pas de couper dans le personnel, étant donné que ce poste grève les finances à hauteur de 70 %.

Mais Cologne n’est pas le seul dans cette situation: l’archidiocèse de Berlin, fortement endetté, a annoncé de sévères mesures d’assainissement. Le cardinal Georg Sterzinsky veut réduire d’ici le milieu de l’an prochain le nombre des paroisses de 207 à 106. Quelque 400 postes de travail à plein temps sur 2’700 devraient disparaître selon un plan d’assainissement qui devrait être socialement supportable. En outre, de nombreuses institutions devraient être abandonnées. Les dettes de l’archidiocèse de Berlin, qui vit grâce à un crédit de 50 millions d’euros provenant des autres diocèses allemands, se montaient fin 2002 à 148 millions d’euros.

La Bavière catholique également touchée

La Bavière catholique n’est pas épargnée par les mesures d’assainissements qui frappent les diocèses. Ainsi l’archidiocèse de Bamberg ne peut financer son budget de fonctionnement qu’en dissolvant des réserves. Passau doit à moyen terme réduire son budget de plus d’un cinquième. Le diocèse de Limburg devra épargner 18 millions d’euros jusqu’à l’an 2008. Il vient d’annoncer son intention de fermer des centres de conférence.

La situation est particulièrement précaire dans les diocèses catholiques de l’ancienne Allemagne de l’Est (RDA). Déjà du temps de la RDA, cette Eglise minoritaire ne pouvait pas vivre sans une aide financière extérieure. Elle craint de souffrir encore davantage si les diocèses de l’Ouest ne peuvent plus alimenter le pot commun de la péréquation financière.

Dresden-Meissen et Görlitz ont déjà pris des mesures budgétaires strictes. Mgr Joachim

Reinelt, évêque de Dresde, a décrété un arrêt des investissements et de l’engagement du personnel. Görlitz a fait de même. Le vicaire général du diocèse de Magdeburg, Reinhold Pfafferodt, a déjà fait part de son souci que les aides financières venues de l’Ouest n’allaient pas rester au même niveau qu’auparavant.

McKinsey met en garde les diocèses contre l’obsession des économies

L’entreprise de conseil McKinsey, connue pour son engagement sans état d’âme dans les programmes d’assainissement, a cependant mis en garde les diocèses contre la tentation de se fixer uniquement sur les mesures d’épargne. Cette attitude ne devrait pas devenir un thème obsessionnel, car se concentrer uniquement sur les économies à réaliser devient rapidement dommageable pour toute organisation. Surtout pour une institution «qui doit en premier lieu transmettre l’espérance».

McKinsey, qui a collaboré à restructurer le secrétariat de la Conférence des évêques allemands, et qui conseille les diocèses de Mayence, Passau et Berlin, voit des potentialités d’économies dans l’administration et la gestion des biens immobiliers des diocèses. McKinsey ne voit pas pourquoi, par ex., l’on doit organiser séparément chaque secteur administratif, comme les services du personnel, dans chacun des 27 diocèses allemands. (apic/kna/be)

26 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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