Pour une nouvelle compréhension de la fonction du prêtre
Allemagne: Mgr Jacques Gaillot et Eugen Drewermann invités au Katholikentag à Ulm
Ulm, 18 juin 2004 (Apic) Eugen Drewermann et Jacques Gaillot prônent un changement radical dans le ministère du prêtre. La compréhension actuelle de sa fonction relève de la «pure magie» et constitue l’obstacle principal sur le chemin oecuménique, a affirmé le 17 juin le théologien allemand lors du Katholikentag à Ulm devant une salle comble de 1’500 participants.
Les deux théologiens considèrent le manque de prêtres comme une chance en vue d’un changement. L’Eglise n’a pas besoin de fonctionnaires, mais d’êtres humains, a notamment affirmé le prêtre allemand et psychothérapeute, âgé de 63 ans.
Pour sa part, l’évêque français âgé de 68 ans, «sans diocèse» depuis 1995, juge la séparation entre prêtres et laïcs infructueuse. Les fonctions dans l’Eglise devraient être attribuées à terme sans distinction de sexe et de statut social. Mgr Gaillot pense notamment à la prédication, à l’activité d’aumônerie et aux sacrements.
A la base, un service comme le baptême est déjà depuis longtemps assumé par des hommes et des femmes mariés. Les chrétiens sont heureusement devenus adultes, soutient Mgr Gaillot. Ce dernier met en cause l’attitude de l’Eglise face à la problématique du manque de prêtres, «qui est simplement gérée», par l’apport de Polonais et d’Africains. Or, ce serait l’occasion de repenser la fonction de prêtre, affirme l’évêque français.
Le pape considéré comme un représentant de Dieu sur terre
Eugen Drewermann a été suspendu d’enseignement en 1991 et de sa fonction de prêtre en 1992. Le théologien allemand plaide pour des prêtres élus par la base. Jusqu’à maintenant, tout est pensé depuis en haut. A l’idée de Dieu dans le ciel, a suivi celle de son représentant sur terre, le pape. Celui-ci désigne des évêques, qui eux-mêmes ordonnent des prêtres. Or, les conditions d’accès à la prêtrise, comme le célibat et le devoir d’obéissance, sont scandaleuses, estime Drewermann. Aussi longtemps que les prêtres catholiques agissent, «avec le doigt levé», comme des intermédiaires entre Dieu et les hommes et ne concèdent à ces derniers aucune liberté, ils les rendent «partagés entre la confiance et la peur» dans leur image de Dieu. (apic/kna/job/bb)



