L’organisation de l’islam s’étend en Europe

Allemagne: Nouveau Conseil des musulmans d’Allemagne

Berlin, 30 avril 2007 (Apic) La création en Allemagne d’un Conseil qui se veut représentatif des musulmans du pays marque l’organisation de l’islam en Europe. Les différentes tendances empêchent dans certains pays la constitution d’une association faîtière. Petit tour d’horizon.

En Allemagne, l’islam va se doter d’un nouveau Conseil représentatif, institution apte à servir d’interlocutrice avec l’Etat. La France, qui compte la plus grosse communauté musulmane d’Europe, avec près de cinq millions de fidèles, surtout maghrébins, a été l’un des premiers pays à faire face à ce phénomène. Comme ailleurs en Europe, les musulmans y sont majoritairement sunnites et donc ne disposent pas d’un clergé à proprement parler.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), né en 1999 sous un gouvernement de gauche, a finalement vu le jour en 2003, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur. Le CFCM est censé coordonner la construction de mosquées, l’organisation des fêtes religieuses, la formation des imams ou encore la nomination des aumôniers dans les hôpitaux, prisons, écoles…L’une des principales composantes du Conseil, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), est considérée comme proche des Frères musulmans.

La Grande-Bretagne, qui compte 1,6 million de musulmans, majoritairement Pakistanais et du Bangladesh, compte comme principale organisation représentative le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne (MCB). Créé en 1997, il représente aujourd’hui 350 organisations et mosquées dans le Royaume-Uni. De tendance modérée, il affirme représenter les citoyens britanniques de confession musulmane. Il intervient largement dans le débat public en Grande-Bretagne, que ce soit à propos de l’intervention en Irak ou des attentats de Londres (7 juillet 2005, 56 morts), qu’il a dénoncés.

L’Italie, qui compte 1,2 million de fidèles musulmans, a mis en place en novembre 2005 un Conseil consultatif musulman, composé de seize membres, issus d’associations ou simples représentants de la société civile, et dont l’objectif principal est de contribuer à «résoudre les problèmes d’intégration dans la société italienne». Ce conseil est purement consultatif», et rassemble les différentes tendances de l’islam italien.

Au Danemark, où a éclaté l’affaire des caricatures de Mahomet, qui compte environ 200’000 musulmans, et en Belgique, qui en compte entre 400’000 et 500’000, des organisations faîtières se sont également constituées. La Suède, qui a une importante communauté de réfugiés irakiens, compte un Conseil islamique de coopération, qui représente les musulmans de différentes mouvances auprès des autorités.

Aux Pays-Bas, en Suisse.

Aux Pays-Bas comme en Espagne, les musulmans sont représentés par différentes organisations qui sont plutôt des assemblées de discussion.

La Suisse compte environ trois cents associations ou fondations islamiques. La population musulmane était d’environ de 320’000 personnes lors du recensement de 2000. L’islam est la troisième religion du pays après le protestantisme et le catholicisme. La majorité (80%) des musulmans vivant en Suisse sont originaires de l’ex-Yougoslavie et de Turquie. Elles appartiennent à des courants de l’islam différentes. Ce qui donne parfois lieu à des conflits, comme à Lausanne récemment, où le Centre islamique a tenté de s’imposer comme l’interlocuteur officiel des autorités. Par la suite un déséquilibré a même blessé l’un des responsables islamiques.

Cette diversité n’a pas permis la création d’une institution faîtière à l’échelon national, bien que certaines unions aient eu lieu au niveau régional. C’est entre autres la Coordination des organisations islamiques de Suisse, la Fédération des organisations islamiques de Suisse, la Ligue des musulmans de Suisse, les Musulmans et musulmanes de Suisse. En 2006, une Association suisse des musulmans pour la laïcité s’est constituée. (apic/ag/vb)

30 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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